bannière vote
Entretien avec l’historien Abdelmadjid Merdaci: «Il n’y a pas d’indépendance sans libertés»
Search
Samedi 07 Décembre 2019
Journal Electronique

Le 5 juillet 1962 est le jour de la rupture avec l’ordre colonial et le début d’une souveraineté retrouvée au terme d’une glorieuse Révolution. Cinquante-sept ans plus tard, sa célébration coïncide avec une mobilisation populaire sans précédent. Celle-ci accapare, depuis le 22 février dernier, l’actualité. Des millions d’Algériens revendiquent dans la rue un changement radical du système. Est-ce le prolongement de l’esprit de qui a mené vers cette indépendance ? L’historien Abdelmadjid Merdaci en parle dans cet entretien.  

Depuis le début du Hirak, des similitudes avec la liesse du 5 juillet 1962 sont souvent évoquées. Y a-t-il une quelconque analogie?  

On ne peut pas comparer la liesse du mouvement social actuel et celle de l’indépendance. Le 5 juillet 1962, les Algériens étaient heureux de se retrouver sous l’emblème du FLN. Leur liesse était aussi impressionnante que légitime. Pour s’en convaincre, il suffit de revoir les images diffusées sur l’arrivée du gouvernement provisoire à Dar El Beida avant de rejoindre la capitale. C’était un mouvement décisif qui a intervenu dans une période importante de notre histoire. Celui-ci n’a rien à voir avec le mouvement planifié et manipulé, qui se tient tous les vendredis, sous le registre du Hirak. Il n’existe aucune analogie entre le FLN qui a conduit de manière courageuse la Guerre d’indépendance et les jeunes qui insultent la mémoire de ceux qui ont libéré le pays. Ces derniers ne semblent pas mesurer la haine que suscite l’Algérie et qu’entretiennent l’extrême droite française et les anciens de l’OAS. Après quatre mois de manifestations, les choses se décantent et révèlent l’existence de deux principaux courants qui contrôlent les marches. Il s’agit des néo-islamistes et des néo berbéristes. Je crois que l’Algérie mérite mieux. Son destin doit se construire sur le principe des libertés tel que proclamé par le projet du 1er novembre. Nos jeunes ont, malheureusement, été privés de leur histoire. C’est pour cette raison qu’ils ont de la passion pour ce pays.

 Que faut-il retenir de la date du 5 juillet, 57 ans après l’indépendance?

 Il faut savoir que la date de l’indépendance est le 3 juillet 1962. Un référendum d’autodétermination eut lieu le 1er juillet 1962 et le 3e jour du même mois le gouvernement français, à sa tête le général De Gaulle, prend acte des résultats de la consultation. Il publie, le 3 juillet 1962, un message de reconnaissance officiel de la souveraineté et de l’indépendance de l’Algérie. De Gaulle envoie un message officiel aussi à Abderahmane Fares qui présidait l’exécutif provisoire. Ce dernier a aussitôt hissé le drapeau algérien sur le bâtiment qui l’abritait à l’ex-Rocher noir (ancienne appellation de Boumerdés). Le même jour, les Nations unies publient un communiqué officiel de reconnaissance de l’Etat algérien. L’Algérie est officiellement indépendante le 3 juillet 1962. La question qui se pose aujourd’hui est naïve mais pleine de sens. Car si l’Algérie était indépendante le 5 juillet, qu’en est-il de son statut les 3 et le 4 juillet ? On admet le choix et la décision prise par feu le président Benbella qui a fixé la date du 5 juillet pour répondre à la reddition humiliante du Dey Hussein le 5 juillet 1830. Mais qu’en est-il de la décision du président Boumediene qui a transformé cette date en fête de la jeunesse ?

57 ans après l’indépendance, quels sont les points forts et les fragilités de l’Etat algérien? 

Il est très difficile de faire le bilan. Ce qui est sûr, c’est que tout est à reconstruire car les Algériens ont été privés de leur histoire. Il faut savoir que la prise du pouvoir par l’alliance de Boumediene et Ben Bella en juillet 1962 a fait émerger une forte opposition au sein du FLN. Les premiers opposants au régime au lendemain de l’indépendance ce sont Krim Belkacem et Mohamed Boudiaf, des fondateurs même du FLN. C’est pourquoi il faut arrêter d’imputer toutes les misères et impostures imposées par le régime au FLN. La bureaucratie mise en place, conjuguée à une imposture historique ont fait que la jeunesse demeure encore loin de son histoire.

Que faut-il faire pour transmettre les valeurs révolutionnaires qui ont conduit à l’indépendance à la jeunesse?

Le mot clé est dans la proclamation du 1er novembre. Il est temps de mettre en avant les valeurs de la liberté sans qui il n’y a pas d’indépendance. La nouvelle génération a, ainsi, besoin de revenir à la lecture du projet du premier novembre qui garantit toutes les libertés dont le choix du culte, des idées, des modes de vie… Or, depuis 1962, nous n’avons eu qu’une indépendance formelle sans libertés. Il est du devoir de la jeunesse aussi de respecter la mémoire de ceux qui ont déclenché le 1er novembre, un mouvement d’une portée exceptionnelle. Aujourd’hui, la seule bataille qui vaille pour donner sens à l’indépendance est celle des libertés. Mais est-ce que le mouvement des masses actuel se bat pour les libertés ? La question se pose.

Entretien réalisé par Assia Boucetta

Santé

Environnement

Destination Algérie

Culture

Histoire

Sciences et Technologies

L'agenda

Ministère de l’Energie

Le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, procédera, le 08 décembre , à 8h30, au ministère, à l’ouverture des travaux de la rencontre entre la Creg et les opérateurs dans le domaine.

Ministère de l’Enseignement supérieur

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Pr Tayeb Bouzid, présidera, le 07 décembre , à 8h30, au siège du ministère, les travaux de la conférence nationale des universités.

Ministère des Finances

Le ministre des Finances, présidera,  le 08 décembre , à 9h30, au siège du ministère,une rencontre portant sur le plan d’action de la Direction des impôts.

Sonelgaz

La Société nationale de l’électricité et du gaz organisera,  le 07 décembre, à 8h, au centre de formation de l’IFEG de Ben Aknoun (Alger), la 24e journée de l’énergie sous thème «la révolution électrique verte, un challenge pour Sonelgaz».

Ministère de la Solidarité

La ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Ghania Eddalia, présidera,  le 08 décembre, à 9h, au Centre national des études de l’information et de la documentation (Alger), l’ouverture d’une journée d’étude sur les conséquences des nouvelles technologies de l’information et de la communication sur les relations familiales.

Commission pour l’éducation, la science et la culture

La Commission nationale algérienne pour l’Unesco organisera,  le 07 décembre, à 10h, en son siège, une conférence sur le thème des valeurs éthiques de l’intelligence artificielle, animée par Ahmed Benzelikha.

APRUE

L’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie organisera, le 9 décembre, à l’hôtel Radisson Blu (Hydra, Alger), un séminaire sur l’efficacité énergétique des équipements électroménagers.

Musée du moudjahid

Le Musée national du moudjahid organisera, le 9 décembre, à 10h, la 421e rencontre avec les moudjahidine et moudjahidate pour l’enregistrement de leurs témoignages sur la guerre de Libération nationale.

Musée des beaux arts

A l’initiative de l’ambassade d’Espagne à Alger, de la Royale académie des beaux arts de San Fernando et de l’Institut Cervantès d’Alger, une exposition, intitulée «Goya physionomiste», en hommage au peintre et sculpteur espagnole Goya, se tiendra jusqu’au 15 décembre prochain au Musée des beaux arts d’Alger.

Ambassade de la RASD

L’ambassade de la République arabe sahraouie démocratique organisera, du 19 au 23 décembre, les travaux du 15e congrès du Front Polisario.

Don de sang
La Fédération algérienne des donneurs de sang lance un appel à l’ensemble de la population âgée de 18 à 65 ans et en bonne santé à faire don de sang.

 

 

Football

Sports Divers

Hebergement/Kdhosting : kdconcept