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On associe souvent le nom de Paul Aussaresses à l’assassinat, en Mars 1956, de Ben M’hidi et d’Ali Boumendjel.La cruauté de l’homme s’est d’abord manifestée lors des événements du 20 Aout 1955. Il était alors officier chargé du renseignement dans un régiment de parachutistes, le 1er RPC qui était stationné à Skikda. Dans «  ennemi intime », le livre du journaliste Patrick Rotman qui a recueilli des témoignages d’appelés et d’engagés lors du conflit algérien (une partie a donné naissance à un film portant le même titre) figurent ses témoignages.

L’officier ne se contentait pas de classer et trier des fiches. Il donna l’assaut à une cave ou se sont réfugiés des Algériens et dirigeant la répression et se salit les mains lors de la boucherie dont le stade municipal de Skikda fut le théâtre. «  J’ai fait aligner les prisonniers, aussi bien les fells que les ouvriers musulmans qui les avaient aidés. J’ai passé les ordres moi-même. J’étais indifférent. Il fallait les tuer, c’est tout, et je l’ai fait », a-t-il raconté avec cynisme. Il assume avec froideur, l’assassinat de 200 personnes tuées à bout portant par des militaires et des milices. L’ange de la mort n’avait pas qu’un problème de personnes à éliminer. « Il réquisitionne une pelleteuse et fait creuser un fossé de cent mètres de long, deux de large et un mètre de profondeur » (P 45). Le livre de Rotman , paru en 2002 et réédité l’année même par Chihab ,  révèle l’étendue des viols des corps et des consciences par beaucoup de soldats français dont certains, comme le général de la Bollardiere se sont opposés à la torture .

Rotman apporte surtout une rencontre , à Skikda , entre le général Massu et Aussaresses. C’est le 22 Aout que le bourreau de Ben Mhidi précédé par sa réputation a été repéré.

Muté à Alger, il va au sein de la 10 e division parachutiste s’illustrer aux cotés des sinistres Bigeard, Trinquierier et Allaire.  

R Hammoudi