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Ouargla, au Sud-Est du pays a également sa « Casbah » connue localement comme «Ksar El Atik  ». Un patrimoine qui témoigne non seulement d’une grande ingéniosité dans sa conception, avec une architecture saharienne, mais du « vivre ensemble en paix ». Il était 10h de cette matinée du Jeudi. La température a dépassé 28 degrés. Le marché «  le Souk » situé à proximité du Ksar, grouillait du monde.

De notre envoyée spéciale à Ouargla : Neila Benrahal

 

Les oranges sont cédées à 150 DA le kilogramme. Le jeune vendeur assurait que « ce sont des oranges locales d’Ouargla du Sud et elles sont très bonnes ». La mosquée apparait en face avec sa grande porte en bois de couleur rose. C’est la mosquée « Lala Malkia » , nous a expliqué notre guide Ali Khelif. « C’est une mosquée Malékite mitoyenne au Ksar Ouargla ». En effet, le ksar renferme également 18 lieux de culte, dont la mosquée El-Azzaba connue sous le nom de «  Lala Azza », en plus de 12 zaouïas servant de lieux d'organisation de fêtes et autres actions sociales. Aucun incident n’a été signalé entre les habitants des deux communautés. Le Ksar est toujours habité mais plusieurs maisons abandonnées sont en ruine, autres ont été carrément démolies, a-t-on constaté, lors de notre visite. Lorsque nous pénétrons les petites ruelles du Ksar, nous sommes tout de suite frappés par une fraicheur. Selon notre guide, les habitations ont été construites avec « le tuf » (gypse)connu dans la région sous l’appellation « Timchemt » qui servait comme ciment ou plâtre et des matériaux de construction naturels. « Il ya une fraicheur en été et les habitations sont chauffés en hiver. Cette technique protège de la chaleur extrême et des pluies»,», a-t-il ajouté .Les murs, de couleur sable, ont une forme pyramidale. Les ruelles ont été couvertes par troncs des dattiers. Ce ksar, s’ouvre sur l’extérieur à travers sept portes, encore existantes, à savoir Bab-Azzi, Bab-Ammar, Bab-Soltane, Bab-Ahmid, Bab El-Boustane, Bab-Rabaâ et Bab Er-Rabie. Sur place, nous avons rencontré une femme en Haik blanc. Elle parlait Ouarglie, une langue locale. Ici au Ksar, la population parle l’arabe le Taguergrant et l’Ouarglie. Le Haik Ouargli, Habit traditionnel par excellence, fait également partie du patrimoine de la Casbah d’Ouargla. « Certaines le portent en noir . C’est comme le Haik à Alger et Boussaâda et le « Kenbouz » à Ghardaïa, mais sans voilette du visage (La Adjar),à l’exception d’une ouverture au niveau des yeux, pour la visibilité ». Les quelques locaux ouverts, servaient de mercerie et de ferronnerie, en absence de locaux d’artisanat . Un gérant d’un magazine de vente des écharpes et foulards pour femmes ,a déploré « la marginalisation » du ksar d’Ouargla des circuits touristiques, à l’instar de la Casbah d’Alger. « Il faut organiser des visites guidées, en vue de redynamiser la vie culturelle, économique et sociale dans ce ksar. Ouargla organise des séminaires internationaux à l’instar de la dernière rencontre internationale tenue par la Zaouia El Kadiria. Pourquoi ne pas faire la promotion du tourisme saharien local ? Nous avons un potentiel riche », a-t-il regretté. Des habitations ont été désertées. Des décombres et détritus de bâtisses effondrées en témoignent de la dégradation du Ksar, mais certaines maisons sont toujours habitées, gardant l’architecture ancienne avec une porte d’entrée ancienne, d’autres ont été « modernisées » en recourant même à l'utilisation du béton ou encore par des rénovations totales (à 100%), après démolition complète, a –t-on constaté. Le président de l’association ce ksar pour la culture et la réforme, Hassan Boughaba, a déploré la transformation de certains habitations, signalant dans une déclaration à Horizons, que son association veille, à la préservation de ce patrimoine national classé. « Pour ce faire, nous avons procédé à la formation de 23 jeunes de la région, dans la maçonnerie traditionnelle, auprès le centre de la formation professionnelle, d’une durée de 9 mois. Cette formation Inscrite dans le cadre du programme d’appui à la protection et la valorisation du patrimoine culturel en Algérie, piloté par le ministère de la Culture avec un cofinancement de l’Union Européenne, a été sanctionnée par un diplôme  dans l’objectif de la réhabilitation de l’architecture traditionnelle » , a-t-il dit . Le président de l’association a fait savoir, que les services de l’APC ont procédé à la restauration des murs extérieurs pour la sauvegarde des ruelles. « Ces travaux s’inscrivent dans le cadre du programme tracé par les autorités, pour la rénovation du Ksar ». L’opération va cibler 2 300 habitations et se poursuivra notamment pour la restauration de la façade extérieure. Notre interlocuteur a rappelé que «  le ksar de Ouargla classé patrimoine national Classé le 5 mars 1996 comme patrimoine national. Il a été aussi inscrit en 2008 comme secteur sauvegardé ». En dépit de sa dégradation, la Casbah d’Ouargla reste attrayante.