Les fausses informations sur internet Une plaie inexorable ?
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Lundi 25 Mai 2020
Journal Electronique

Acculés de toutes parts, pour leur ‘’permissivité’’ face aux fausses nouvelles circulant sur le net, les plateformes numériques, notamment Facebook, Twitter et Google jurent avoir tout mis en œuvre pour freiner le fléau. Véritable menace également pour les médias traditionnels, les fake news sont combattus par les organes de la presse traditionnelle, avec des résultats pour le moins mitigés. Mais, à voir le nombre de plus en plus important de partenaires politiques, notamment dans les pays développés, qui recourent aux fausses nouvelles dans leurs pratiques quotidiennes, on peut aisément comprendre que c’est parti pour longtemps.

Par :Rachid MOUSSA

 

Le problème des fausses informations en circulation sur internet ne cesse de prendre de l’ampleur, conduisant certains à l’évoquer sous l’angle d’une véritable menace pour la démocratie, tant son impact sur le cours de la vie politique est de plus en plus manifeste. C’est par le réseau social Facebook que le sujet est revenu aux devants de la scène médiatique ces derniers jours avec une série d’annonces en rapport avec la vérification de l’information. Durant la dernière semaine du mois de septembre écoulé, le réseau social annonçait avoir décidé de ne pas soumettre les déclarations des hommes politiques à son mécanisme de contrôle de la véracité des informations ‘’fact checking’’ ; par la voix de son directeur des affaires publiques, Nick Clegg, Facebook indiquait ne pas estimer « qu'il soit approprié pour nous d'agir en tant qu'arbitre des débats politiques et d'empêcher le discours d'un politicien de toucher son public », selon un communiqué en ligne cité par l’agence de presse française AFP, qui poursuit : « Cela signifie que nous n'enverrons pas de contenus originaux ou de publicités publiées par des responsables politiques à nos partenaires de fact-checking pour examen ».

Facebook fait la Une

Accablé de toutes parts, et notamment depuis les élections présidentielles américaines de 2016 et la fameuse affaire Cambridge Analityca, le réseau social accusé de favoriser la propagation des fausses nouvelles, a pris sur lui de mettre sur pied une structure de fact checking. « Pour combattre la désinformation et la propagation des fake news, Facebook annonce avoir étendu son programme de fact-checking avec des tiers à quatorze pays depuis son lancement plus tôt cette année (comme en France). D'ici fin 2018, il sera déployé dans encore plus de pays », écrivait le site www.generation-nt.com dans un papier daté du 22 juin 2018, ajoutant sur la foi de déclarations du réseau social que « l'évaluation de l'exactitude des articles sur Facebook par des organismes tiers a aidé à réduire la distribution d'articles jugés faux de 80 % en moyenne. » Dans le sillage de ce mécanisme, Facebook a également mis en place des partenariats avec des organes de la presse à travers lequel des jura listes interviennent pour vérifier la véracité d’articles ou d’autres informations mis en ligne. « Les mises au point des journalistes de ces médias viennent ensuite s'afficher juste en-dessous des contenus incriminés quand ils sont visibles sur la plateforme, avec une mention indiquant leur caractère douteux », rapporte l’AFP, dans un papier du 25 septembre dernier, en reprenant un autre passage du communiqué de Facebook soulignant, « quand une personnalité politique partage un contenu précédemment démenti, y compris des liens, des vidéos et des photos, nous avons l'intention de rétrograder ce contenu, d'afficher les informations liées des journalistes partenaires et d'empêcher leur intégration dans des publicités ».

Une autre annonce de Facebook, faite cet été, en rapport avec la vérification de l’information, a également suscité des remous, notamment dans les milieux de la presse, en butte à des difficultés dues à l’effondrement des modèles économiques. « Le géant des réseaux sociaux a annoncé mardi qu'il allait monter une petite équipe de journalistes professionnels pour sélectionner les principales nouvelles de la journée. Et ce "afin de nous assurer de mettre en avant les bons articles", a-t-il expliqué », lit-on dans une dépêche de l’AFP, datée du 22 août dernier, qui précise que cette « annonce intervient alors que suppressions d'emplois et fermetures de journaux se multiplient dans un secteur des médias en pleine déconfiture, où la plupart des entreprises sont bien en peine de trouver une formule pour survivre à l'ère de l'information gratuite.» Alors que la confiance mise dans ses algorithmes semble s’effriter, le réseau social a donc dû faire appel aux journalistes pour assurer la vérification de l’information, mais sur une partite limitée de ses vitrines seulement : « Seule la section "Top News" de l'onglet sera animée par des journalistes en chair et en os. Pour l'ensemble des articles de toute la section informations, le choix restera largement déterminé par des algorithmes en fonction des goûts supposés et de l'historique de navigation des utilisateurs », explique l’agence française de presse, tout en soulignant l’idée du réseau social selon laquelle, ces journalistes « sélectionneront les nouvelles sur différents sites d'information, mais ne produiront ni n'éditeront eux-mêmes aucun contenu », en droite ligne de la position éditoriale du réseau social qui « a toujours refusé de se considérer comme un média et d'endosser les responsabilités éditoriales qui vont avec », ajoute l’AFP.

Les média main, dans la main

Autre mastodonte des contenus internet à avoir à avoir emprunté le chemin de la lutte contre les ‘’fake news’’, Google a rendu public en février dernier un document retraçant ‘’l’engagement de la firme contre la désinformation’’. Pour différentes motivations qu’il cite, qu’elles soient politiques, mercantiles, ou personnelles, les auteurs de ces désinformations, s’inscrivent, aux yeux de Google, dans des « efforts délibérés pour duper et tromper en utilisant la vitesse, l’échelle et les technologies qu’offre Internet », relève le site www.journaldugeek.com, dans un article mis en ligne le 19 février. Sa stratégie de lutte contre la désinformation repose sur trois axes, et vise, selon ce même ; site à « lutter contre toutes ces fausses informations en privilégiant la qualité, en essayant de contrer les acteurs malveillants et en donnant aux utilisateurs plus de contexte. » Misant sur la puissance de ses algorithmes, ce dispositif de Google est néanmoins jugé peu fiable, comme le reconnait le géant de la recherche dur internet concédant, « une machine n’est pas toujours capable de distinguer le vrai du faux et encore moins d’évaluer les bonnes ou mauvaises intentions du créateur du contenu », résume journaldugeek.com.

Média réputé pour    la probité de son travail journalistique, la BBC s’est mêlée à la bataille en lançant, il y a quelques semaines, une opération de mobilisation des grands médias traditionnels ainsi que de géants du net   pour lutter contre la désinformation. Dans une dépêche datée du 7 septembre dernier, l’AFP annonçait avoir rejoint l’initiative « aux côtés de l'Union européenne de radiodiffusion, du Financial Times, du réseau de médias First Draft, The Hindu, du Wall Street Journal, de CBC/Radio Canada, de Reuters et du Reuters Institute. Figurent aussi parmi les partenaires évoqués Facebook, Google et Microsoft. » La stratégie mis en place par le média britannique, prévoit, selon l’AFP « une campagne en ligne conjointe d'éducation aux médias, un partage d'expérience notamment autour des grandes élections. Il est également question de faciliter l'accès à l'information du public lors d'élections.»

Le débat sur les fausses informations et leur manipulation à travers les réseaux sociaux, notamment Facebook a pris une tournure mondiale depuis les accusations formulées contre le réseau social lors des élections présidentielles américaines de 2016.

A quelques encablures de la prochaine échéance présidentielle américaine de 2020, les esprits s’échauffent, et la crainte d’autres manipulations revient en force. En effet, le candidat du camp démocrate Beto O’Rourke est monté au créneau en appelant les réseaux sociaux à redoubler d’efforts dans la lutte contre la désinformation à l’approche des élections de novembre 2020. Cette prise de position est venue quelques temps après la propagation d’une information sur les réseaux sociaux, « selon laquelle le tireur responsable d’une fusillade au 31 août à Odessa (Texas) portait un autocollant soutenant la candidature d’O’Rourke sur son camion » rapporte une dépêche de Reuters reprise par le site https://news-24.fr le 6 septembre dernier. La responsable de sa campagne électorale Jen O’Malley Dillon a repris à son compte l’idée « qu'un réseau de robots sur Twitter et Facebook amplifiait la fausse affirmation », ajoutant, selon le même site : «Ce n’est pas notre travail de nettoyer, c’est la leur», dans un texte mis sur Twitter. Dans une lettre adressée au géant de la recherche sur le web, par la campagne du candidat démocrate, il lui est indiqué « que des termes tels que Odessa et le nom du tireur étaient des requêtes de tendances liées à son candidat sur le moteur de recherche après la publication de la désinformation. » Malgré les explications fournies par Google et les autres plateformes de réseautage, les éléments du camp démocrate ne se sont privés de conclure : «Notre démocratie dépend de ces plateformes qui gèrent la crise de la désinformation. Nous sommes conscients qu’ils ont tous fait des efforts pour s’améliorer. Nous disons que ces efforts ont été insuffisants.»

Même les politiques s’y mettent

Tout ce débat survient à un moment où l’accent est mis sur la propagation du phénomène qui semble toucher de plus en plus de pays, comme vient de le révéler une récente étude de l’université d’Oxfrod (Angleterre), dont l’originalité est de pointer l’implication de gouvernements et de partis politiques dans le recours aux fausses nouvelles. Dans un papier daté du 28 septembre, le site de la revue économique française capital.fr note que « la désinformation sur les plateformes numériques est devenue un instrument privilégié des partis politiques et des gouvernements. » Et le site de souligner un passage de cette étude soutenant que « des agences gouvernementales et des partis politiques ont utilisé les réseaux sociaux pour diffuser de la propagande politique, polluer l’information en ligne et entraver la liberté d’expression et la liberté de la presse ». Le rapport de l’université anglaise ne note pas moins de 70 pays touchés par ce phénomène, alors qu’ils n’étaient que 48 en 2018 et 26 une année avant. Dans le constat établi par ces universitaires, il est apparu que les deux plateformes, Facebook et Twitter sont les canaux les plus usités pour faire passer les fausses informations, avec cette mention relevée par le site capital.fr que « Facebook reste l’outil privilégié des États afin de mener des campagnes de déstabilisation.» On retrouve, d’après le listing établi par cette étude, la Chine en tête de peloton des pays ayant recours à cette pratique, mais pas seulement, selon capital.fr qui avance que « les pays occidentaux ne sont pas épargnés. Le rapport met ainsi en avant les campagnes menées par le parti pro-Brexit au Royaume-Uni ou encore l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et la Suède. Les États-Unis font, bien entendu, également partie de l’inventaire. La France, elle, semble pour le moment épargnée par le phénomène », écrit-il. L’autre constat alarmant de l’étude est que ces pratiques tendent à se professionnaliser en adoptant une panoplie de techniques « comme la propagation de fausses nouvelles par le biais de faux profils contrôlés depuis des "fermes à trolls", des bots pour gonfler artificiellement la popularité d’un compte ou d’un message sur les réseaux sociaux quand d’autres utilisent des hordes de trolls pour harceler et discréditer opposants et journalistes », lit-on dans le papier du site français qui note en plus de tout cela que, ce qui interroge réellement, c’est de voir comme le démontre l’étude anglaise que, dans « 26 pays, les réseaux sociaux ont même été utilisés par des régimes autoritaires comme outil de propagande et comme outil d’information visant à manipuler la population, réduire les droits fondamentaux des êtres humains et discréditer des opposants politiques.»

R.M

 

Un engagement international, et après ?

 

Le phénomène des ‘’fausses nouvelles’’ a pris une ampleur telle que le sujet a été au centre d’une initiative prise, fin septembre dernier, par 20 Etats lors de la dernier Assemblée générale de l’ONU. Alors que l’internet est de plus en plus truffé de fausses informations, ces Etats se sont engagés « à garantir une information "libre, indépendante, plurielle et fiable", notamment sur internet, terrain privilégié de la désinformation », selon une dépêche de l’AFP. Sur initiative de RSF, ce ‘’partenariat sur l’information et la démocratie’’ ambitionne de s’assurer « d'un droit à l'information fiable, notamment sur le Net, de la "neutralité politique, idéologique et religieuse des algorithmes" à la responsabilité des fournisseurs de services en ligne », rapporte l’agence française de presse.

L’Europe avance en tâtonnant

Sur la question de la lutte contre les fausses informations, l’Europe s’est juré d’en faire son affaire, notamment pendant les campagnes électorales. Ainsi, a-t-elle mis en place un dispositif alliant les médias, les plateformes numériques et les pouvoirs publics, mais basé sur la sensibilisation et l’implication des usagers. Les dernières élections européennes de mai dernier ont ainsi été l’occasion pour l’union européenne de faire le point sur ce dispositif, avec comme principale conclusion, selon le site 01net.com : « Les résultats sont réels, mais la menace reste constante. » Dans un communiqué l’instance européenne s’est déclarée satisfaite de son plan de lutte tout en se félicitant ‘avoir pu maintenir ‘’l’intégrité des élections’’. Tout e saluant la contribution de toutes les parties prenantes de ce dispositif, l’Union européenne a tenu à saluer l’implication des usagers ;   « La sensibilisation accrue du public a fait en sorte qu’il était plus difficile pour les acteurs malveillants de manipuler le débat public », souligne 01net.com. Le dispositif repose sur des conduites imposées aux plateformes numériques, en matière d’identification et de signalement des contenus suspects, un mécanisme interne de détection et d’alerte, et plus largement sur une communication large vers e grand public pour sensibiliser sur le phénomène et ses dangers.

Pour autant, l’Europe ne crie pas victoire, bien au contraire : « Les élections européennes n’ont pas été, malgré tout, exemptes de désinformation ; nous ne devrions pas l’accepter comme la nouvelle norme. Les acteurs malveillants changent constamment leurs stratégies. Nous devons nous efforcer d’être en avance sur eux. La lutte contre la désinformation est un défi commun à long terme pour les institutions de l’UE et les états membres », ont indiqué des responsables de l’Union, cités par 01net.com

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    • Google ouvre son application de conférences vidéo au grand public

      Google a annoncé mercredi la mise à disposition gratuite de la plateforme de conférences vidéo, Google Meet, destinée au grand public.

      L'application va être progressivement étendue au grand public dans les prochaines semaines, à condition de disposer d'un compte Google (Gmail) ou d'une "identité Google", que l'on peut créer avec n'importe quel email personnel ou professionnel.

      Google Meet était jusqu'à présent réservé aux clients professionnels, soit 6 millions d'entreprises et organisations qui utilisent G-Suite, la gamme de logiciels de Google (avec les emails, le calendrier, le partage de documents, etc).

L'agenda

APN
L’Assemblée populaire nationale (APN) entamera, le  26 mai , les séances consacrées au débat du projet de loi de finances complémentaire.

 

Assurance et finance islamique 

Sous le patronage du Haut-Conseil islamique, la 2e édition du Symposium algérien de l’assurance et de la finance islamique aura lieu les 22 et 23 novembre 2020 à Alger.

 

Salon Impex2020
Le Salon Import-export inter-africain Impex2020 aura lieu du 6 au 8 septembre au Centre international des conférences Abdelatif-Rahal d’Alger.

Djazagro
Le Salon professionnel de la production agroalimentaire Djazagro aura lieu du 21 au 24 septembre au Palais des expositions des Pins Maritimes d’Alger.

Culture
La Direction de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou annonce le report à des dates ultérieures du Festival culturel national annuel du film amazigh et du concours de Mohia d’or de la meilleure dramaturge en tamazight. La date limite de dépôt des candidatures à ces deux manifestations à été donc prorogée.

Algérie Télécom
Algérie Télécom a lancé le 27 mars dernier le service de demande de lignes téléphoniques et celui de la signalisation des dérangements via son site web www.algérietelecom.dz .Les nouveaux demandeurs de lignes pourront suivre via le courrier électronique les étapes de l’étude de réalisation et les abonnés professionnels pourront signaler leurs dérangements sur le site web sans déplacement.

 

 

 

Don de sang
La Fédération algérienne des donneurs de sang lance un appel à l’ensemble de la population âgée de 18 à 65 ans et en bonne santé à faire don de sang.

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