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« Le changement du paradigme économique est incontournable », a estimé Lundi,l’expert international en stratégie et gouvernance économique, Mustapha Mékidèche. Selon lui, le modèle actuel mènera le pays vers le chaos et fragilisera encore plus les indices fondamentaux macro-économiques. D’où la nécessité de revoir la politique actuelle et d’engager, « illico presto », un nouveau modèle alternatif de croissance durable hors hydrocarbure.

Mékidèche qui a animée une conférence débat à l’Institut National d'Etudes de Stratégie Globale sur le thème « pour un modèle économique alternatif en Algérie : rupture, pré requis et fondements », a mis l’accent sur l’impératif de mettre en place une vision stratégique à long terme dont les objectifs doivent être clarifiés préalablement. Pour le vice-président du conseil économique et social , dans le contexte actuel politico-économique, il y a deux scénarios qui se présentent. Le premier se résume dans la continuité du modèle actuel. Tout en le jugeant « insoutenable », il a averti que ce dernier entrainera une aggravation du déficit budgétaire ainsi que des dérapages de l’inflation et par conséquent la montée en flèche du taux de la pauvreté.   Le second, par contre, s’insère dans le remodelage de la politique économique qui repose sur un modèle alternatif. Pour ce faire, il est recommandé de relever des défis financier et monétaire, démographique, productifs et technologiques et enfin énergétique.   Pour ce qui est du premier, l’expert soutient que l’économie, fragilisée par la faiblesse de la manne financière, doit jouir d’une contribution financière plus large en impliquant le privé mais surtout en mettant une politique inclusive pour absorber les encaisses non bancarisées. «  Avec l’épuisement des réserves de change dans trois ans, nous ne pourrons pas financer l’industrie », a-t-il alerté. L’informel constitue, une véritable problématique à régler, a préconisé le vice président du CNES   qui prône « la liquidation des segments prédateurs formels et informels du secteur privé ». Dan ce cadre, l’Etat doit être le producteur des normes et de règles de fonctionnement économique ». L’Argent et la politique ne devront plus être associés. « La coupure entre les deux évitera une emprise sur l’Etat », a-t-il dit. Pour trouver un consensus entre l’équilibre budgétaire et la rationalisation des dépenses, Mekideche propose des arbitrages qui selon lui «  vont être négociés socialement ».  Le gaspillage doit être banni définitivement, a-t-il dit tout en soulignant son poids en termes de pertes pour l’économie nationale. Pour ne citer que le secteur énergétique, l’instauration des prix réels limitera le gaspillage et préservera les ressources. Mekideche est de ceux qui pensent que l’exploitation du gaz de schiste est inéluctable pour assurer la sécurité industrielle.

Wassila Ould Hamouda