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Un attentat kamikaze a fait au moins 63 morts et blessé 182 personnes samedi soir lors des festivités autour d'un mariage à Kaboul, au moment où la population afghane espère un accord imminent entre Etats-Unis et talibans. « Parmi les victimes il y a des femmes et des enfants», a affirmé le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Nasrat Rahimi. L'attentat, non revendiqué plusieurs heures plus tard, est le plus meurtrier visant des civils depuis le début de l'année en Afghanistan. Selon M. Rahimi, l'attentat survenu à 22H40 (18H10 GMT) dans l'ouest de Kaboul est l'oeuvre d'un «kamikaze».

   Les talibans, qui livrent une guerre dans le pays ont nié hier matin toute implication. «Commettre de tels assassinats délibérés et brutaux et prendre pour cible des femmes et des enfants n'ont aucune justification», ont tweeté deux porte-parole des talibans. Les insurgés ont revendiqué encore dans un récent passé des attaques où de nombreux civils ont été tués. Le président afghan, Ashraf Ghani, a condamné fermement l'attentat suicide survenu.   «En réponse à cette attaque ciblée, j'ai convoqué une réunion extraordinaire de la sécurité pour examiner et prévenir de telles défaillances», a ajouté M. Ghani. « Les talibans ne peuvent s'exonérer de tout blâme car ils servent de plate-forme aux terroristes », a réagi le président Ashraf Ghani, qualifiant l'attentat de «barbare» alors qu'il s'apprête à célébrer lundi le centenaire de l'indépendance afghane. L'attentat de samedi est survenu alors que la population afghane, exaspérée par la violence aveugle, espère la conclusion d'un accord entre les Etats-Unis et les talibans qui ouvrirait la voie à des négociations de paix entre le gouvernement afghan et le groupe insurgé. Le 12 juillet, dans un attentat revendiqué par Daech, au moins six personnes ont été tuées et quatorze blessées lorsqu'un kamikaze s'est fait exploser lors d'une cérémonie dans la province de Nangarhar, dans l'est de l'Afghanistan. De l’avis des observateurs l'accord de paix que les Etats-Unis semblent s'apprêter à conclure avec les talibans suscite les craintes d'une partie de la classe politique et des experts américains, alarmés par l'empressement de Donald Trump à quitter l'Afghanistan au risque d'aggraver la guerre civile et de raviver la menace terroriste.   Plusieurs sources américaines ont laissé entendre qu'un accord pourrait être imminent dans les pourparlers de Doha avec les talibans. Le négociateur américain, Zalmay Khalilzad, devrait retourner dans la région dans les prochains jours dans l'espoir de le finaliser.

RI