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Le professeur américain, Joseph Huddleston, a publié un avis dans le "Wall Street Journal", contredisant la propagande marocaine selon laquelle l'Etat sahraoui est non viable, et a appelé à permettre au peuple du Sahara occidental d'exercer son droit à autodétermination. L’universitaire américain a publié lundi son écrit, sous le titre "Laissons le peuple du Sahara occidental s'exprimer", pour répondre à l’article et à la vidéo de Dion Nissenbaum sur le Sahara occidental "La guerre dormante attire les projecteurs des Etats-Unis" publiée récemment dans le Wall Street Journal, faisant circuler diverses fausses propagandes habituellement avancées par le Maroc pour "justifier" son occupation militaire illégale et violente du Sahara Occidental.

Le professeur Huddleston a soutenu que "l'affirmation selon laquelle un Sahara occidental indépendant serait probablement instable et offrirait un pied à l'organisation terroriste 'Etat islamique' est une conjecture erronée", affirmant que "la République sahraouie est actuellement sur le terrain et coopère avec les efforts internationaux de lutte contre les crimes et le trafic de drogue, sachant que le Maroc est la principale source de ces deux fléaux". Il a en outre souligné que l'article de Dion Nissenbaum, bien qu'il "attirait l'attention sur le conflit souvent ignoré entre le Maroc et le Front Polisario sur le territoire nord-africain", "mais affirmait à tort qu'un Etat sahraoui indépendant constituer un risque pour la stabilité régionale". En fait, souligne ce professeur adjoint à l'Ecole de diplomatie et de relations internationales et spécialise dans la politique du Moyen-Orient, les conflits intra-étatiques et la conception de la recherche, que "le peuple sahraoui a construit tout un appareil d'Etat. La République arabe sahraouie démocratique est membre de longue date de l'Union africaine et est reconnue par des dizaines de pays". "Il gagne des combats devant les tribunaux internationaux. Le Front Polisario, représentant légitime du peuple sahraoui, coopère aux efforts de sécurité internationaux contre le trafic et le terrorisme", a-t-il rappelé.

--Bolton n’est pas le seul responsable américain à demander un référendum--

David Keene, écrivain et journaliste américain au Washington Times, avait, déjà, évoqué cette semaine la question du Sahara occidental dans un long article intitulé "La dernière colonie en Afrique", dans lequel il a déclaré que le Maroc continue à entretenir le désastre humanitaire qu'il a créé au Sahara occidental, soutenant que John Bolton n’est pas le seul responsable américain à demander un référendum d'autodétermination au Sahara occidental.

Dans son article de fond qui traite de l'occupation marocaine des territoires du Sahara occidental et de la répression qu'elle exerce contre la population qui rejette son occupation, publié cette semaine sur le site Web de The American Spectator, David Keene est revenu sur l'histoire et les origines du conflit au Sahara occidental. "Le Maroc n'a pas l'intention de permettre aux Sahraouis de voter pour leur avenir. Les diplomates marocains démontrent depuis des années que Rabat acceptait le principe de l'autodétermination mais constituait des dizaines d'obstacles à la mise en œuvre effective du vote", indique David Kenne, rappelant que les autorités marocaines ont récemment annoncé que l'option référendaire était "dépassée" Le célèbre journaliste américain David Keene a détaillé que la stratégie du régime marocain se résume à "tout faire pour saper toute action contribuant à la solution de la question saharienne. A terme, le monde acceptera le statu quo comme légitime". Pour ce faire, ajoute David Keene, Rabat a dépensé des dizaines de millions de dollars en lobbying pour persuader les décideurs politiques de Washington de ne rien faire pour résoudre le conflit sahraoui. Mais les manœuvres marocaines ont été sapées par la nomination par le président américain Donald Trump de John Bolton, au poste de président du Conseil de sécurité nationale, a ajouté M. Keene, poursuivant : "Le journaliste français qui se trouvait à Rabat lorsque la nouvelle de la nomination est arrivée au Maroc m'a dit qu'ils (les Marocains, ndlr) considéraient cette nomination comme 'inquiétante' et 'irréaliste' (...) Ils savent que Bolton insiste depuis des années pour trouver une solution aux Sahraouis, car, souligne M. Keene, il comprend leur détresse et parce que la confrontation en cours constitue une menace pour la stabilité régionale en Afrique du Nord et, aussi, pour les intérêts américains". John Bolton a traduit son intérêt sur le terrain pour la cause sahraouie, ajoute l'article, de deux manières : chaque année, les Nations Unies devraient voter pour prolonger le mandat de la MINURSO, permettant ainsi de continuer à soutenir les réfugiés sahraouis, mais l'année dernière avec Bolton en position d'influence, les Etats-Unis ont demandé de réduire le mandat de la MINURSO à six mois au lieu d'un an. La deuxième manière a consisté à sensibiliser les parties (le Maroc et le Front Polisario) sur le fait que les Etats-Unis veulent aller de l'avant pour permettre une solution de sortie de l'impasse pour organiser le référendum d'autodétermination.(APS)