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Contraire à toutes les prévisions, le résultat du scrutin anticipé en Tunisie a surpris l’opinion publique aussi bien tunisienne qu’au plan international.L'universitaire sans parti politique Kais Saied arrive en tête du premier tour de la présidentielle tunisienne avec 19% des voix, selon des résultats officiels préliminaires portant sur plus d'un quart des suffrages, a annoncé Lundi, l'Instance des élections (Isie). Selon ces résultats, M. Saied devance l'homme d'affaires en prison Nabil Karoui (14,9% des voix), au coude à coude avec le candidat du parti d'inspiration islamiste Ennahdha, Abdelfattah Mourou (13,1% des voix).

Le candidat en tête est souvent donné par des sondages comme un candidat du second plan, tandis que le second croupissait en prison. Les candidats s’affronteraient ainsi au deuxième tour prévu dans 15 jours, selon la loi électorale. Les candidats Abdelkrim Zebidi, Youcef Chahed, Safi Said, ont eu respectivement 9, 4%, 7, 5% et 7, 4%. Sept millions d'électeurs étaient appelés dimanche à départager 26 candidats pour le premier tour de ce scrutin, qui s'est déroulé sur fond de grave crise économique et sociale, et dans un contexte de rejet des élites politiques traditionnelles. La participation a été de 45,02% selon des chiffres encore provisoires de l'Isie, un taux faible en regard des 64% enregistrés lors du premier tour de la présidentielle de 2014. Le taux de participation à l’étranger était à la même heure 19, 07%. Dans une première réaction dimanche dans la nuit, le Premier ministre Youssef Chahed, qui s'annonce comme l'un des grands perdants du scrutin, a appelé le camp libéral et centriste à faire bloc pour les législatives du 6 octobre et s'est inquiété de la faible participation, «mauvaise pour la transition démocratique». Le parti Ennahdha, dont le candidat Abdelfattah Mourou serait arrivé troisième, a appelé à la prudence et laissé entendre que ses propres chiffres différaient des sondages publiés. Moncef Marzouki a reconnu sa défaite à l’élection présidentielle  qualifiant les résultats de « décevants ». Il affirme qu’il a échoué à convaincre les électeurs pour voter en sa faveur, laissant entendre qu’il assume l’entière responsabilité « de son échec ». Vingt-six candidats sont en lice pour cette deuxième élection présidentielle au suffrage direct depuis la révolution de 2011. L'instance électorale (Isie) doit publier des résultats préliminaires de ce scrutin, mardi 17 septembre. Le président doit obtenir la majorité absolue des voix pour être élu au premier tour. Dans le cas contraire, les deux candidats ayant le plus de voix seront opposés lors d'un second tour dont la date n'est pas connue.

Largement évoqués par la presse tunisienne, les résultats du scrutin sont qualifiés de grande surprise pour certains et de séisme politique pour d’autres.   Pour certains titres les résultats du scrutin suscitent désormais tant de questions dont la plus importante est-ce qu’on procédera à la libération du candidat Karoui et si dans le cas où il remportera le scrutin du deuxième tour, présidera-t-il le pays ». Autre constat établi pars les observateurs. Les résultats du scrutin sont aussi une confirmation de la chute des partis modérés. ", a écrit en outre le journal.

SD