Imprimer

L'analyse de 19 essais cliniques testant l'efficacité de traitements du cancer par immunothérapie montre que ce nouvel arsenal thérapeutique donne des résultats durables chez 25% des patients en moyenne, a indiqué vendredi l'Institut Curie.

Les médicaments d'immunothérapie, qui cherchent à déclencher une réponse immunitaire du corps contre les cellules cancéreuses, ont bouleversé la prise en charge des cancers depuis quelques années. Mais ils ne sont souvent efficaces que chez une minorité de patients, avec de fortes disparités d'un type de cancer à l'autre.

"Nous avons cherché à quantifier la proportion de patients qui répondent de façon durable aux traitements par inhibiteur de point de contrôle immunitaire et à la comparer avec d'autres familles de médicaments", expliquent des chercheurs de l'Institut Curie et d'autres centres français de recherche sur le cancer, dans un article publié dans la revue JCO Precision Oncology.

L'immunothérapie par inhibiteur de point de contrôle (ou "checkpoint") fait appel à des anticorps qui bloquent les points de régulation du système immunitaire, utilisés par la tumeur pour échapper aux défenses de l'organisme.

Les chercheurs définissent une "réponse durable au traitement" comme le fait d'avoir une durée de survie sans progression du cancer plus de trois fois supérieure à la durée médiane de survie sans progression du cancer de l'ensemble des patients.

Le passage en revue de 19 études internationales menées sur 11.640 patients atteints par différents types de cancers montre que 25% des patients traités par immunothérapie ont présenté cette "réponse durable", contre seulement 11% chez ceux qui ont reçu une autre famille de traitements (chimiothérapie ou thérapie ciblée).

Selon les études analysées, la proportion de réponse prolongée à l'immunothérapie variait entre 12% et 39%, a précisé à l'AFP Christophe Le Tourneau, cancérologue responsable des essais cliniques précoces à l'Institut Curie.

Parmi les patients traités par immunothérapie, 30% ont par ailleurs eu une survie globale plus de deux fois plus longue que la moyenne de tous les patients, contre 23% chez ceux traités par d'autres médicaments.

"Ces travaux soulignent également que plus l'immunothérapie est donnée tôt, plus la probabilité d'avoir une réponse prolongée est élevée", ce qui confirme "l'intérêt des médecins à prescrire l'immunothérapie à des stades plus précoces de cancers", note l'Institut Curie.

Ces résultats pourront servir de référence à la communauté scientifique "en vue de comparer l'efficacité des nouvelles stratégies thérapeutiques en cours d'évaluation", souligne le Pr Le Tourneau. De nombreux essais cliniques sont en cours - 30 rien qu'à l'Institut Curie -, testant différentes approches d'immunothérapie.