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La surexposition des enfants aux écrans de télévision, tablettes, consoles de jeu, et autres smartphones représente un vrai enjeu de santé publique. La digitalisation inquiète. Internet, les nouvelles technologies facilitent la vie quotidienne, mais font naître aussi de nouveaux dangers.

«Le phénomène et la recherche dans ce domaine sont récents. Toutefois, des études alertent sur les conséquences fâcheuses de la surexposition passive ou interactive des enfants aux écrans, passif ou interactif, sur leur développement mental, cognitif, physiologique et social», a affirmé lundi à Alger le directeur de la promotion de la santé mentale au ministère de la Santé, lors d’une journée d’information ayant pour thème «L’enfant et les écrans».

Selon le professeur Mohamed Chakali, cette manifestation prépare le lancement de trois actions de prévention. « Des cycles de formation en faveur des professionnels des unités de dépistage scolaire (UDS), seront programmés dès la rentrée scolaire outre la préparation de spots publicitaires, audio, vidéo, destinés aux parents et au large public seront   diffusés dans différents médias», a-t-il annoncé, soulignant «la suggestion faite au ministère de l’Education de consacrer le cours inaugural de l’année scolaire à la thématique « l’enfant et les écrans».

Sur les désagréments qu’engendre la surexposition des enfants aux écrans, Pr Chakali a évoqué «les troubles du comportement, d’assimilation et de motricité, le manque de concentration, un retard de langage». En outre, «la surexposition aux écrans altère, en premier lieu, la créativité et l’imagination de l’enfant », a-t-il ajouté.

                                       Aucun appareil ne remplace les parents

«Il ne s’agit pas d’interdire aux enfants l’accès à l’écran. La question est de trouver des astuces pour contrôler le temps que l’enfant passe devant un écran et instaurer une confiance entre parents et progéniture. La clé est d’accompagner l’enfant dans le changement de ses habitudes et lui consacrer davantage de temps. Aucun appareil ne remplacera une maman, un papa», a-t-il estimé. «Enfant et parents doivent trouver un compromis pour limiter l’usage des appareils en instaurant une confiance et en responsabilisant le petit, et aux parents de donner l’exemple en quittant les PC et mobiles», a conseillé Pr Chakali.

Autre solution : « Réserver un temps avec les enfants pour jouer, pratiquer une activité sportive. Les chambres des enfants doivent être sans télé et autres consoles, mobiles».

Le représentant de l’Unicef en Algérie, Marc Lucet, a, de son côté, souligné que la campagne pour lutter contre la surexposition aux écrans vient dans le sillage de l’opération initiée par l’Unicef ayant pour thème «Les premiers moments importants», qui sollicite un grand investissement dans la petite enfance pour des enfants épanouis et éveillés. Il s’agit également pour le représentant de l’Unicef d’impliquer les parents dans cette démarche».

Selon des statistiques publiées par l’IPSOS, en 2017, sur le temps passé sur les écrans durant une semaine selon les tranches d’âge, il en ressort que les adolescents (13-19 ans) sont accros avec une moyenne de 15 heures et 11 minutes. Pour les 7-12 ans, ils consacrent une moyenne de 6 heures et 10 minutes à surfer sur les écrans. 4 heures et 37 minutes est en revanche le temps d’utilisation des 1-6 ans.

Karima Dehiles