Imprimer

Depuis plusieurs mois, les pénuries de médicaments sont de plus en plus fréquentes. Les patients souffrants de maladies chroniques peinent à s'en procurer. Souvent, ils attendent longtemps avant de voir les traitements disponibles dans les pharmacies. Cette situation inquiète autant le corps soignant que les patients. En effet, une vingtaine de médecins et professeurs hospitaliers ont sonné l'alarme. Ils tiennent pour responsable le ministère de la santé qui, selon eux, ne gère pas convenablement les stocks. Le Syndicat national algérien des pharmaciens d'officine (SNAPO) a invité, il y a une semaine, la tutelle à prendre les mesures nécessaires pour mettre un terme à ces pénuries.

Son président, Smaïl Belambri, a récemment dénoncé la rupture récurrente des produits et traitements pharmaceutiques indispensables. «La liste des médicaments manquants s’élève à plus de 250 produits fabriqués localement ou importés», a-t-il signalé, affirmant que toutes les classes thérapeutiques de médicaments sont touchées par la pénurie. Et de préciser: «Ces médicaments sont pourtant nécessaires pour soigner les pathologies lourdes, telles que les maladies cardiaques, les rhumatismes, l’asthme et le cancer », a-t-il déclaré. M. Belambri estime que la mauvaise gestion est en grande partie la cause des ruptures en termes d'approvisionnement de médicaments que connaît le marché national actuellement. "La cellule de veille et l’Agence nationale des médicaments n’assurent pas le bon fonctionnement du secteur du médicament », déplore-t-il, soulignant que même si le ministère s'est engagé à rapidement approvisionner le plus les pharmacies, on enregistre toujours des pénuries. Les raisons sont multiples et les solutions peu claires».

Les pouvoirs publics ne restent pas les bras croisés face à cette crise. Ils comptent sévir contre toute velléité qui entraverait le bon fonctionnement du secteur du médicament. Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Mohamed Miraoui, s’est engagé à prendre des sanctions contre les parties à l’origine de la perturbation et de la pénurie des médicaments au niveau national. M. Miraoui a assuré que des mesures seront prises à l’encontre des parties à l’origine de la perturbation et de la pénurie de médicaments. Une commission de veille a été mise en place à cet effet. Composée du directeur général de la pharmacie, du syndicat national algérien des pharmaciens d’officines, des distributeurs de médicaments, Conseil national de déontologie et des producteurs, cette instance se chargera du suivi hebdomadaire de la situation au niveau national. Des instructions ont été aussi données pour installer des annexes au niveau des wilayas. Objectif: mener des visites d’inspection et l’identification des dysfonctionnements dans la chaine de distribution.

Le ministre a, par ailleurs, reconnu l’inefficacité du programme annuel de distribution de médicaments, d’où la nécessité d’identifier les dysfonctionnements dans la chaîne de distribution pour les traiter avec la collaboration de tous les partenaires. Selon Belambri la facture d’importation de médicaments est en constante baisse

Samira A.