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Les participants à la 3ème journée de pneumologie organisée mardi à l’hôpital militaire régional universitaire "Commandant Abdelaâli Benbaatouche" de Constantine, ont souligné l’importance de la rationalisation de l’utilisation de la corticothérapie dans le traitement de la broncho pneumologie chronique obstructive (BPCO).

"Le recours à la corticothérapie dans la prise en charge des BPCO tend à devenir un réflexe spontané chez les médecins traitant en Algérie, ce qui représente un danger pour la santé publique", ont souligné des spécialistes au cours de cette journée mise à profit pour sensibiliser sur les inconvénients et les effets néfastes des corticoïdes. Estimant qu’il n’y a pas de traitement "figé" pour la BPCO, définie comme une pathologie de l’appareil respiratoire essentiellement provoquée par le tabac ou l’exposition à des substances polluantes ou irritantes, Pr Houria Haouichet, pneumo-phtisiologue, s’appuyant sur les recommandations Gold 2019 (global initiative de la BPCO), a appelé à une prescription "modérée des corticoïdes, dans des cas bien définis", car, a-t-elle ajouté "les effets secondaires de ce traitement peuvent être mortels". De son côté, Pr Mohamed- Abdellatif Bennani du CHU d’Oran a relevé que plus de 70% des malades souffrant de BPCO en Algérie subissent une corticothérapie, relevant que ce traitement est "couteux, dangereux, et pas toujours efficace". A ce titre, le même intervenant qui a appelé à une vaste opération de sensibilisation en direction des médecins généralistes et spécialistes en pneumologie au sujet de l’utilisation des corticoïdes pour la catégorie des malades atteints de BPCO, a indiqué que plus des deux tiers des patients ne sont pas traités selon les nouvelles recommandations du Gold qui préconisent davantage de rationalisation dans l’utilisation des corticoïdes. Considérant que la BPCO était une affection méconnue au stade précoce, Pr Mohamed- Salah Messadi du CHU de Constantine, a indiqué quÆil était grand temps aujourd’hui de se référer aux critères de la médecine de précision en appliquant les directives Gold, car, a-t-il ajouté "dans le traitement de la BPCO, il est impératif de s'adapter à l'aggravation progressive de cette maladie". Les participants à cette journée scientifique ont débattu longuement la relation BPCO- comorbidités, soulignant que la BPCO représente un facteur de risque pour de nombreuses comorbidités de gravité variable attestant que le dépistage précoce ainsi que la prise en charge thérapeutique multidisciplinaire de ces troubles assurent au patient "une meilleure   qualité de vie". Pour sa part, le professeur Yacine Djeghri du service de pneumologie de l’hôpital militaire régional de Constantine, mettant en avant l’impact de ces journées dans le perfectionnement des connaissances des médecins civils et militaires à travers la présentation des nouveautés scientifiques en la matière, a appelé à un diagnostic précoce de la BPCO. La prévalence de la BPCO est de l’ordre de 4,9% pour l’ensemble de la population algérienne, a fait savoir Pr Djeghri, précisant que cette pathologie concerne un homme sur quatre et un fumeur sur deux, âgés de plus de 65 ans. (APS)