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La décision du Gouvernement de valoriser l'allocation mensuelle accordée aux personnes aux besoins spécifiques qui de 4000 DA à 10.000 DA à partir du 1er octobre prochain, a été jugé partielle par représentants des handicapés.

Ainsi, le Forum des handicapés algériens et de leurs amis estime que « cette augmentation réservée au seules personnes âgées de 18 ans au moins, exclut un grand nombre d’handicapés ». Le Forum cite en exemple les enfants atteints de paralysie cérébrale qui ont « besoin de cette aide au même titre que les personnes âgées de 18 ans».  

Par ailleurs, le Forum rappelle, à nouveau, aux chefs d’entreprises « leur devoir citoyen à œuvrer à promouvoir l’insertion de cette frange de la société dans le milieu du travail ». Il affirme que leur mobilisation « se veut un engagement pour renforcer les dernières mesures prises par les pouvoirs publics en faveur des personnes handicapées ».

De son coté, la présidente de la Fédération nationale des personnes handicapées moteurs (FAPHM), salue cette décision qu’elle qualifie de « bonne chose ». Toutefois, Akila El Mameri espère que « la décision ne soit pas politique du moment que l’Algérie traverse une crise ». Elle estime qu’il aurait fallu « changer les pratiques et nous faire participer car on se demande comment cela a été calculée et sur quelle base » dira-t-elle. Notre interlocutrice aspire d’ailleurs à ce que « cette allocution n’occulte pas les autres droits de l’handicapé notamment comment le rendre autonome dans son environnement et lui garantir le droit de sortir et de vivre » explique la présidente de la FAPHM.

Dans ce sens, Akila El Mameri souhaite la mise en place d’une politique qui prenne en compte tous les aspects « car l’aide n’est pas un avantage ».

Evoquant l’augmentation du taux de recrutement des handicapés dans les entreprises, elle relève la difficulté de l’appliquer. Selon elle, le 1 % n’était respecté par l’ensemble des employeurs sauf par le dispositif de l’emploi comme l’ANGEM. Et pour cause, cela trouve son origine dans l’absence des mesures d’accompagnement. Idem pour la scolarité sachant que « 76 % des enfants en situation de handicap, sont victimes d’exclusion scolaire » d’après le Forum.

El Mameri soutient que le recrutement des personnes aux besoins spécifiques doit être accompagné de mesures incitatives. « Car un employeur aspire à titre d’exemple à créer des ateliers protégés gratifiés avec des aides de l’Etat », explique-t-elle.

La présidente de la FAPHM appelle à une consultation des concernés d’autant qu’ « un Conseil national de personnes handicapés existe», rappelle-t-elle.

                                                                                           Souhila H.