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Le discours du vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’ANP, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd-Salah, prononcé lundi à Ouargla a été diversement interprété par les partis politiques.

Le FLN ne cache son soutien total à l’ANP qui, d’après lui, «a adopté une position patriotique dans le traitement de la crise politique que traverse le pays». Un communiqué signé par le secrétaire général du parti, Mohamed Djemaï, a salué la détermination du commandement de l’armée, sa sagesse, sa clairvoyance et son engagement à accompagner et répondre aux revendications légitimes du peuple dans la paix et la sérénité. Le parti estime que «les solutions de l’armée sont puisées de la Constitution». «Les propositions conjoncturelles et autres initiatives creuses qui conduisent vers le vide constitutionnel ne sont pas susceptibles de réaliser les aspirations du peuple», soutient le FLN, saluant «les positions constantes de l’institution de l’armée sous la conduite du général de corps d’armée Gaïd-Salah, qui s’est engagé dans tous ses discours à réaliser les aspirations des manifestants». Le parti a, également, salué les positions «sages et clairvoyantes» de l’institution militaire qui veille à préserver les institutions constitutionnelles de l’Etat, adhère aux aspirations légitimes du peuple et répond à ses revendications à la liberté, la justice, la lutte contre la corruption.

Même avis de la part du parti TAJ qui exhorte le peuple à se mobiliser autour de l’institution militaire, affirmant que la recherche d’une solution dans le cadre constitutionnel constitue «la meilleure voie». La formation de Amar Ghoul dit rejeter toute atteinte à l’ANP ou à l’Algérie. TAJ a insisté aussi sur «le retour en urgence vers le processus électoral et la construction des institutions légitimes à travers le processus électoral ». Le parti a souligné également «l’urgence d’aller vers l’ouverture d’un dialogue sérieux, responsable et rassembleur de toutes les parties sans exclusion ni distinction aucune, afin d’assurer le climat favorable et les conditions nécessaires à la réussite de la présidentielle». Pour ce faire, le parti a appelé à procéder dans l’immédiat à la constitution et l’installation de l’instance nationale chargée de l’organisation et de la supervision des élections. TAJ a également salué «les efforts incommensurables que déploient l’institution militaire et les différents services de sécurité en vue de consolider la sécurité et la paix, et faire face à tous les plans et dangers qui guettent le pays».

Pour le MPA, le discours de Gaïd-Salah confirme «l’engagement de l’institution militaire à faire sortir le pays de la crise». Le parti a insisté, dans un communiqué, «sur la solution politique constitutionnelle susceptible de faire éviter au pays des dérives indésirables». Cela doit passer, selon le parti de Amara Benyounès, par «une élection présidentielle qui doit être organisée par des instances indépendantes et transparentes». Le MPA se dit convaincu que cette option est «la solution devant aboutir à un régime politique légitime».

                                FFS: «primauté du politique sur le militaire»

Au RCD on juge, par contre, important une période de transition. Son président, Mohcine Belabbas, a estimé que l’élection présidentielle doit être précédée par une transition à même de mettre en place les mécanismes, dont l’instance indépendante d’organisation et non de surveillance des scrutins, pour garantir une élection réellement transparente et libre et une alternance démocratique».

Même opposition de la part du FFS, qui par la voix de son premier secrétaire national Hakim Belahcel, se dit fidèle au principe «de la primauté du politique sur le militaire». Un choix qui garantit, selon lui, « l’exclusion de la violence entre les algériens ».

Au MSP, par contre, les déclarations de Gaïd Salah, ont été bien accueillis. Fatma Saïdi, députée du parti, a approuvé les déclarations de Gaïd-Salah qualifiant les revendications du hirak d’irrationnelles. D’après elle, au fil des manifestations, les slogans changent et tendent à devenir inapplicables. Toutefois, Saïdi, s’interroge sur la faisabilité de l’élection présidentielle. «La commission indépendante de surveillance des élections évoquée par Gaïd-Salah n’est toujours pas installée à un mois du scrutin», fait-elle remarquer.

Karima Alloun Kordjani