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Des enseignants, des lycéens et collégiens ont observé, mercredi, des rassemblements dans plusieurs villes du pays pour exiger le changement du système et marqué leur désapprobation vis-à-vis dernières décisions politiques.

A Alger des milliers de manifestants brandissaient des pancartes sur lesquelles ont pouvait lire: «L’Algérie n’est pas la France !», «Non à la marginalisation de l’enseignement!», «Ni prolongement ni report des élections !», «L’Algérie n’est pas une monarchie !», ou encore «Non à la confiscation de la volonté populaire !», «Un meilleur avenir pour nos enfants !».

«Les enseignants ne peuvent pas être en marge du mouvement populaire. C’est important pour nous d’être mobilisés», a souligné ce professeur d’anglais venu de Ben Aknoun. Un autre enchaîne: «Nous sommes ici pour faire entendre notre voix qui est celle de tous les Algériens. Nous sommes des pacifistes. Notre rassemblement est surtout une manière d’afficher notre solidarité avec la jeunesse qui demande du changement et de véritables réformes.» «Le mal est plus profond qu’on ne le croyait. Le malaise est partout. Le pays est pratiquement à genoux», s’écrie à haute voix un professeur dans un lycée d’Alger, qui immortalise ces moments par un selfie aux côtés de certains de ses élèves.

La foule grossissait au fil des minutes. Des essaims d’élèves et enseignants ont rejoint le rassemblement qui prenait parfois des allures festives. Il faut dire que les élèves étaient privés de cours suite à la grève à laquelle avaient appelé l’intersyndicale composée de six syndicats de l’éducation. Selon le président de l’Unpef, Sadek Dziri, cette énième action se veut un appel au ministère de l’Education et au gouvernement pour, dit-il, «prendre en charge nos revendications légitimes exprimées à moult reprises sans qu’elles ne soient satisfaites». Pour lui, «les enseignants ont voulu également exprimer leur solidarité avec le mouvement populaire».

Le chargé de communication du Cnapeste, Messaoud Boudiba, a soutenu que des rassemblements similaires ont été organisés devant les directions de l’éducation au niveau national. Ainsi à Tlemcen, l’ensemble des écoles et lycées ont été désertés à partir de neuf heures de la matinée à travers la wilaya. A Tlemcen-ville, des centaines d’enseignants des trois cycles (primaire, moyen et secondaire) ont investi les rues. Ils ont été rejoints par des dizaines d’étudiants devant le siège de la direction de l’éducation et celui de la wilaya. Les manifestants ont réclamé un changement du système, la réforme du système éducatif, plus de liberté et de démocratie et la concrétisation de l’Etat de droit.

A Constantine, les enseignants ont observé un sit-in devant la direction de l’éducation pour exprimer leur refus du report des élections. Les protestataires accompagnés des lycéens ont battu le pavé des principales artères de la ville. Les manifestants, qui ont entonné l’hymne national et scandé des slogans pour le changement du système et marqué leur désapprobation quant aux dernières décisions politiques.

                                   Marche des magistrats et greffiers à Constantine

De leur côté, les magistrats et greffiers de l’Est ont manifesté devant la cour de Constantine en exigeant la liberté dans la pratique de leur exercice loin de toute pression. «Algérie libre et démocratique», «application de la Constitution», ou encore «justice indépendante» étaient les slogans repris en chœur par les manifestants.

A Tipasa, la corporation de l’éducation nationale a organisé une marche à travers les artères de la ville du chef-lieu de wilaya, à laquelle ont pris part des enseignants, des fonctionnaires du secteur de l’éducation ainsi que des élèves. Cette action a été organisée suite à l’appel de syndicats autonomes du secteur à une grève qui a touché de nombreux établissements tous paliers confondus dans la wilaya. Les manifestants présents en grand nombre ont tenu d’abord un rassemblement devant la direction de l’éducation. Brandissant l’emblème national et des pancartes où ils expriment leur soutien au mouvement populaire, les marcheurs ont scandé des slogans refusant les dernières décisions politiques.

A Tizi-Ouzou la communauté universitaire, les journalistes, les médecins et les avocats ont été au rendez-vous pour une nouvelle marche pacifique. Tout au long de la manifestation qui les a menés jusqu’à la placette de l’ancienne mairie au centre ville de Tizi-Ouzou où ils ont fait jonction avec une autre marche celle initiée par la famille de l’éducation nationale, les manifestants ont scandé des slogans hostiles non seulement au régime mais aussi à l’ingérence étrangère, notamment celle de la France, dans les affaires intérieures du pays. D’ailleurs un des manifestants ne manquera de résumer tous ces slogans en une seule phrase « le peuple algérien est majeur et n’a pas besoin de tuteur qu’il soit à l’intérieur ou à l’extérieur du pays ». Les manifestants se sont donné rendez-vous vendredi pour une autre marche populaire.

Amokrane H. et correspondants