La Casbah: le combat d’une cité pour son droit d’exister
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Vendredi 24 Mai 2019
Journal Electronique

«Que l’on soit pauvre ou riche, lorsqu’on habite la Casbah on a tous droit à l’une des plus belles vues au monde». Le mot est de  l’écrivain-journaliste Noureddine Louhal, qui a troqué sa plume contre un bâton de pèlerin pour nous servir de guide d’un jour à travers les dédales de la vieille cité, la Casbah. Reportage réalisé par Hakim Metref.

Le rendez-vous est pris à Bab el-Djedid, sur les hauteurs de la ville, en face de l’ancienne et mythique prison Serkadji (Barberousse), un lieu gorgé d’histoire, sinistre malheureusement. À la rue Sidi-Driss-Hamidouche (ex-rue de la Casbah), on sirote vite-fait un café au Café Louli alias Moh l’Indochine. Première destination : la Citadelle, (Dar Es-Soltane), rue Mohamed Taleb, en face de l’ancien jardin des Autruches, où le Dey d’Alger venait alors passer l’été et où il recevait les Beys (du Titteri, de l’Oranie et autres) venus faire leurs rapports ou prendre de nouvelles consignes. C’est ici qu’en 1842 les autorités coloniales avaient percé les deux portes du Sahel, celles qui mènent vers les Tagarins actuellement. Non loin de Djamaa El Berrani un chantier à ciel ouvert est en cours. La restauration des neuf édifices, que compte le palais Dar Es-Soltane, est confiée depuis 2005 à plusieurs bureaux d’études. En sortant du palais, nous voyons la porte des jardins où pondent encore «les chaînes de la clémence».

Des chaînes, où la légende veut que quelque soit le délit commis, le fugitif venait se suspendre et invoquer la clémence du Dey. Ainsi, il échappe, jusqu’à son jugement, à ses poursuivants, même si c’étaient les soldats du Dey. Nous redescendons vers la Casbah et à la rue Mohamed Azzouzi et entrons à la «villa du centenaire» bâtie en 1930 par l’architecte Léon Claro, rebaptisée «villa du Millénaire». C’est ici que se trouve le quartier général des restaurateurs de la Casbah, siège de l’Atelier technique pour la Revalorisation de la Casbah. Retour à la rue Driss-Hamidouche, par laquelle nous nous engouffrons dans la Médina. On arrive près du «Le Coin de Mémoire», un atelier d’ébéniste tenu par Khaled Mahiout. A l’intérieur les murs sont couverts de photos de toutes les personnalités algériennes ou étrangères qui ont défilé dans ce petit atelier, où l’artisan s’acharne à redonner vie aux vieilles portes et fenêtres de la Casbah tout en confectionnant de petits meubles dans le style ancien. Une première fontaine, Ain Mzaouka, puis la rue Sidi Ramdane (ex rue des Zouaves). Là encore, un artiste tient tête à la désertification de la casbah. Mus ( Mustapha Boudekak), ancien décorateur céramique, s’adonne au plaisir de la peinture et au travail du «cuivre repoussé», qu’il a hérité de son père et qu’il transmet volontiers à qui veut l’acquérir. A l’instar des rares artisans qui sont encore à la Casbah, nos deux résistants vivent à peine de leur labeur. Mais par principe, ils restent là et attendent des jours meilleurs.

                                     Ces plaies qui enlaidissent la vieille Medina

Sur la placette de la mosquée Sidi Ramdane nous saisissons le sens de ce que nous avait dit Noureddine. Une vue imprenable s’offre à nos yeux. La baie d’Alger. On voit le port, Djamaa El Kebir, l’amirauté, et la mer méditerranée qui s’étale vers l’horizon. Mais on ne voit pas que du beau. En bas de la placette on découvre l’horreur. Des maisons entières tombées en ruines dont il ne reste que des amas de pierres et de terre. Pour Noureddine: «La Casbah recèle en ses murs cette boîte de pandore où il y a tous les maux qui freinent la mise en valeur de l’antique Medina d’Alger ! On y trouve le pillage de «Zelidj B’hidj», des «Fouarat» (jets d’eaux), des Bab eddiour (portes) et autre matériaux de valeurs qui ont été subtilisés lors de l’effondrement des Douerate. Autant de matériaux qui auraient pu servir à la construction à l’identique d’autres bâtisses traditionnelles, comme ce fut le cas de la Villa du millénaire de l’architecte Léon Claro, que nous avons vue plus haut. A cela s’ajoute aussi le louvoiement vers les assiettes foncières par les s’masria (ces courtiers de l’immobiliers)». A la fontaine Sidi Ramdane nous nous sommes désaltéré et prié le saint patron pour que la Casbah renaisse de ses ruines, puis nous nous sommes dirigés vers d’autres endroits. Par la rue des Frères Racim, nous sommes sorties vers la rue des Chameaux. Un lieu marqué par l’arrestation d’un des moudjahiddine de la zone autonome, Said Touati, guillotiné avec trois autres de ses compagnons à Barberousse le 20 juin 1957. Plus bas, on découvre la Fontaine Bir Djebbah, qui porte les noms des quatre martyrs Touati Said, Radi H’Mida, Rahal Boualem et Bellamine Mohamed. Une fontaine chère à notre guide. Plus bas encore, on découvre l’impasse des palmiers, lieu où Nourreddine a vu le jour. La encore des murs éventrés, des pans de maisons tombés, comme une gangrène qui ronge lentement la vieille cité qui attend, impassible, les soins qui sauveront ses siècles d’existence et d’histoire, et qui poursuit son combat pour sa survie. On arrive à Ain Sidi M’hamed Cherif, près de la mosquée hyponyme. Constat confirmé par notre guide, qui y a consacré tout un livre : «Chaque fontaine est attenante à une mosquée». Après le carrefour Fromentin, du nom du célèbre romancier et artiste peintre français Eugène Fromentin, où il s’asseyait, dit-on, pour peindre et écrire, on arrive à la rue des «Abderrames» où se trouvait le QG de la zone autonome d’Alger. Au 5 de la même rue se trouve actuellement le musée «Ali La Pointe». Un lieu de mémoire dédié à la Bataille d’Alger. De cet endroit on revoit encore le petit Omar et Ali fuir les parachutistes.

                             Djamaa Lihoud, Ketchaoua et … «La Loubia»

On quitte le musée pour arriver à la rue qui porte le nom d’Ali Amar (Ali La Pointe), appelée communément Djamaa Lihoud, pour l’ancienne synagogue transformée en mosquée. Dans une petite ruelle on découvre la «Bataille de saint Vincent de Paul », où le 20 août 1957, Debih Cherif, Hadji Athman, Hadji Nouredine et Hamitouche Zahia sont tombés au champ d’honneur après une bataille qui a duré de 9h jusqu’à la tombée de la nuit. Par la rue Boutin où Mourad Bensafi, essoufflé, fuyait les militaires dans «Les enfants de novembre» de Moussa Haddad, on rejoint Djamaa Ketchaoua, flambant neuf après sa restauration, puis nous remontons la rue de la Lyre, puis la Rue Ben M’Hidi (ex rue d’Izly) pour arriver à la rue Tanger. Autour d‘un plat de «Loubia» et de sardines, chez le Roi de la Loubia, Noureddine déclare: «force est d’admettre que la vieille medina d’Alger garde encore de beaux restes et que s’ils venaient à être restaurés, celle-ci sera la destination première de touristes d’ici et d’ailleurs. Pour l’exemple, nous citons l’engouement de ces colonnes de touristes qui sillonnent ces venelles. Autre atout de développement, l’artisan, qu’il est essentiel d’intéresser avec de l’aide promotionnelle et des facilités fiscales». Quant au chapitre de la rénovation, «le mieux est d’aller vite pendant que la Casbah est encore debout sur ses étais en bois», a conclu l’auteur d’«Alger la Mystique».

 

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L'agenda

 

Ministère de la Jeunesse et des Sports
Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Raouf-Salim Bernaoui, présidera, le 25 mai à 22h à l’Office du complexe olympique Mohamed-Boudiaf (Alger), une cérémonie en l’honneur des jeunes lauréats du 20e Festival national de la jeunesse 2018.

 Ministère des Moudjahidine
Le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, présidera, le 27 mai à 10h30 au Centre national d’études et de recherches sur le  Mouvement national et la Révolution du 1er Novembre 1954, une conférence historique intitulée «Le rôle des Scouts musulmans algériens dans le Mouvement national et la guerre de Libération».

Gendarmerie nationale
Le commandement de la Gendarmerie nationale organise, jusqu’au 30 mai, une campagne de sensibilisation à la sécurité routière pendant le mois de Ramadhan.

Ministère de la Communication

Dans le cadre de la convention avec le ministère de l’Environnement  et des Energies renouvelables, une première session de formation dans le domaine de l’environnement portant sur cinq thématiques : la gestion intégrée des déchets, l’éducation environnementale et le développement durable, la production propre et la consommation durable, l’économie verte et les énergies renouvelables, la conservation de la biodiversité, débutera  le 15 juin à 9h, à la maison de l’environnement de Boumerdès.

UE-Algérie
La délégation de l’Union européenne en Algérie, en coopération avec les services culturels des Etats membres, organisent jusqu’au 27 mai à Alger, Oran, Béjaïa et Tizi Ouzou, la 20e édition du Festival européen placée cette année sous le thème de la «Célébration du vivre ensemble».

 

Etablissement Arts et Culture
L’établissement Arts et Culture de la wilaya d’Alger organise jusqu’au 25 mai une exposition du peintre Belkacem Kefil au Centre culturel Abane Ramdane.

 Don de sang
La Fédération algérienne des donneurs de sang dans le cadre du mois sacré du Ramadhan et la célébration de la Journée mondiale des donneurs de sang lance
un appel à l’ensemble de la population âgée de 18 à 65 ans et en bonne santé à offrir un peu de sang.

Office Riadh El Feth
Office Riadh El Feth en collaboration avec l’Office national des droits d’auteur et des droits voisins organise jusqu’au 1er juin 2019 des spectacles humoristiques «Dzair ComedyUp».

 

 Galerie Ezzou’art
La galerie Ezzou’art du centre commercial et de loisir de Bab Ezzouar abrite jusqu’au 23 mai l’exposition de l’artiste-peintre Ayachine Aziz.

 Institut français d’Alger
«Derwisha», documentaire sur la banlieue d’Alger réalisé par Leila Beratto et Camille Millerand (sorti en 2018) sera projeté, en présence des deux réalisatrices, mercredi prochain à 22h à l’Institut français d’Alger.

 ONCI
L’Office national de la culture et de l’information organise le lancement de son nouveau programme «Ciné-planète» demain    au planétarium du complexe culturel Abdelouahab-Salim à Chenoua (Tipasa).

Forum         d’El Moudjahid
Le forum d’El Moudjahid recevra, le 26 mai à 11h, Noureddine Bahbouh, ancien ministre et président de l’Union des forces démocratiques et sociales. )

Radio DGSN
L’émission «Li Amnikoum» de la Sûreté nationale, émise sur les ondes de la Radio Chaîne I, sera consacrée, le 23 mai à 15h, à l’utilisation de la bande d’arrêt d’urgence

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