La Casbah: le combat d’une cité pour son droit d’exister
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Vendredi 28 Février 2020
Journal Electronique

«Que l’on soit pauvre ou riche, lorsqu’on habite la Casbah on a tous droit à l’une des plus belles vues au monde». Le mot est de  l’écrivain-journaliste Noureddine Louhal, qui a troqué sa plume contre un bâton de pèlerin pour nous servir de guide d’un jour à travers les dédales de la vieille cité, la Casbah. Reportage réalisé par Hakim Metref.

Le rendez-vous est pris à Bab el-Djedid, sur les hauteurs de la ville, en face de l’ancienne et mythique prison Serkadji (Barberousse), un lieu gorgé d’histoire, sinistre malheureusement. À la rue Sidi-Driss-Hamidouche (ex-rue de la Casbah), on sirote vite-fait un café au Café Louli alias Moh l’Indochine. Première destination : la Citadelle, (Dar Es-Soltane), rue Mohamed Taleb, en face de l’ancien jardin des Autruches, où le Dey d’Alger venait alors passer l’été et où il recevait les Beys (du Titteri, de l’Oranie et autres) venus faire leurs rapports ou prendre de nouvelles consignes. C’est ici qu’en 1842 les autorités coloniales avaient percé les deux portes du Sahel, celles qui mènent vers les Tagarins actuellement. Non loin de Djamaa El Berrani un chantier à ciel ouvert est en cours. La restauration des neuf édifices, que compte le palais Dar Es-Soltane, est confiée depuis 2005 à plusieurs bureaux d’études. En sortant du palais, nous voyons la porte des jardins où pondent encore «les chaînes de la clémence».

Des chaînes, où la légende veut que quelque soit le délit commis, le fugitif venait se suspendre et invoquer la clémence du Dey. Ainsi, il échappe, jusqu’à son jugement, à ses poursuivants, même si c’étaient les soldats du Dey. Nous redescendons vers la Casbah et à la rue Mohamed Azzouzi et entrons à la «villa du centenaire» bâtie en 1930 par l’architecte Léon Claro, rebaptisée «villa du Millénaire». C’est ici que se trouve le quartier général des restaurateurs de la Casbah, siège de l’Atelier technique pour la Revalorisation de la Casbah. Retour à la rue Driss-Hamidouche, par laquelle nous nous engouffrons dans la Médina. On arrive près du «Le Coin de Mémoire», un atelier d’ébéniste tenu par Khaled Mahiout. A l’intérieur les murs sont couverts de photos de toutes les personnalités algériennes ou étrangères qui ont défilé dans ce petit atelier, où l’artisan s’acharne à redonner vie aux vieilles portes et fenêtres de la Casbah tout en confectionnant de petits meubles dans le style ancien. Une première fontaine, Ain Mzaouka, puis la rue Sidi Ramdane (ex rue des Zouaves). Là encore, un artiste tient tête à la désertification de la casbah. Mus ( Mustapha Boudekak), ancien décorateur céramique, s’adonne au plaisir de la peinture et au travail du «cuivre repoussé», qu’il a hérité de son père et qu’il transmet volontiers à qui veut l’acquérir. A l’instar des rares artisans qui sont encore à la Casbah, nos deux résistants vivent à peine de leur labeur. Mais par principe, ils restent là et attendent des jours meilleurs.

                                     Ces plaies qui enlaidissent la vieille Medina

Sur la placette de la mosquée Sidi Ramdane nous saisissons le sens de ce que nous avait dit Noureddine. Une vue imprenable s’offre à nos yeux. La baie d’Alger. On voit le port, Djamaa El Kebir, l’amirauté, et la mer méditerranée qui s’étale vers l’horizon. Mais on ne voit pas que du beau. En bas de la placette on découvre l’horreur. Des maisons entières tombées en ruines dont il ne reste que des amas de pierres et de terre. Pour Noureddine: «La Casbah recèle en ses murs cette boîte de pandore où il y a tous les maux qui freinent la mise en valeur de l’antique Medina d’Alger ! On y trouve le pillage de «Zelidj B’hidj», des «Fouarat» (jets d’eaux), des Bab eddiour (portes) et autre matériaux de valeurs qui ont été subtilisés lors de l’effondrement des Douerate. Autant de matériaux qui auraient pu servir à la construction à l’identique d’autres bâtisses traditionnelles, comme ce fut le cas de la Villa du millénaire de l’architecte Léon Claro, que nous avons vue plus haut. A cela s’ajoute aussi le louvoiement vers les assiettes foncières par les s’masria (ces courtiers de l’immobiliers)». A la fontaine Sidi Ramdane nous nous sommes désaltéré et prié le saint patron pour que la Casbah renaisse de ses ruines, puis nous nous sommes dirigés vers d’autres endroits. Par la rue des Frères Racim, nous sommes sorties vers la rue des Chameaux. Un lieu marqué par l’arrestation d’un des moudjahiddine de la zone autonome, Said Touati, guillotiné avec trois autres de ses compagnons à Barberousse le 20 juin 1957. Plus bas, on découvre la Fontaine Bir Djebbah, qui porte les noms des quatre martyrs Touati Said, Radi H’Mida, Rahal Boualem et Bellamine Mohamed. Une fontaine chère à notre guide. Plus bas encore, on découvre l’impasse des palmiers, lieu où Nourreddine a vu le jour. La encore des murs éventrés, des pans de maisons tombés, comme une gangrène qui ronge lentement la vieille cité qui attend, impassible, les soins qui sauveront ses siècles d’existence et d’histoire, et qui poursuit son combat pour sa survie. On arrive à Ain Sidi M’hamed Cherif, près de la mosquée hyponyme. Constat confirmé par notre guide, qui y a consacré tout un livre : «Chaque fontaine est attenante à une mosquée». Après le carrefour Fromentin, du nom du célèbre romancier et artiste peintre français Eugène Fromentin, où il s’asseyait, dit-on, pour peindre et écrire, on arrive à la rue des «Abderrames» où se trouvait le QG de la zone autonome d’Alger. Au 5 de la même rue se trouve actuellement le musée «Ali La Pointe». Un lieu de mémoire dédié à la Bataille d’Alger. De cet endroit on revoit encore le petit Omar et Ali fuir les parachutistes.

                             Djamaa Lihoud, Ketchaoua et … «La Loubia»

On quitte le musée pour arriver à la rue qui porte le nom d’Ali Amar (Ali La Pointe), appelée communément Djamaa Lihoud, pour l’ancienne synagogue transformée en mosquée. Dans une petite ruelle on découvre la «Bataille de saint Vincent de Paul », où le 20 août 1957, Debih Cherif, Hadji Athman, Hadji Nouredine et Hamitouche Zahia sont tombés au champ d’honneur après une bataille qui a duré de 9h jusqu’à la tombée de la nuit. Par la rue Boutin où Mourad Bensafi, essoufflé, fuyait les militaires dans «Les enfants de novembre» de Moussa Haddad, on rejoint Djamaa Ketchaoua, flambant neuf après sa restauration, puis nous remontons la rue de la Lyre, puis la Rue Ben M’Hidi (ex rue d’Izly) pour arriver à la rue Tanger. Autour d‘un plat de «Loubia» et de sardines, chez le Roi de la Loubia, Noureddine déclare: «force est d’admettre que la vieille medina d’Alger garde encore de beaux restes et que s’ils venaient à être restaurés, celle-ci sera la destination première de touristes d’ici et d’ailleurs. Pour l’exemple, nous citons l’engouement de ces colonnes de touristes qui sillonnent ces venelles. Autre atout de développement, l’artisan, qu’il est essentiel d’intéresser avec de l’aide promotionnelle et des facilités fiscales». Quant au chapitre de la rénovation, «le mieux est d’aller vite pendant que la Casbah est encore debout sur ses étais en bois», a conclu l’auteur d’«Alger la Mystique».

 

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      Les participants à une conférence historique consacrée à cheikh chahid Larbi Tébessi, tenue lundi dernier à l’université de Tébessa, ont appelé à consacrer davantage d’études et de recherches à cette figure emblématique du réformisme et du nationalisme algérien contemporain. «L’association des oulémas algériens, dirigée par Larbi Tébessi à une époque cruciale de l’histoire nationale, a contribué à la formation de la génération des moudjahidine artisane de la Révolution de Novembre,

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      L’Algérienne Sylia Khecheni a remporté le Grand Prix des Olympiades de l’innovation au Moyen-Orient ainsi que la médaille d’or avec les compliments du jury de cet évènement scientifique qui s’est tenu au Koweït. Pour célébrer cette distinction, une cérémonie a été organisée, ce dimanche( 23-02-2020) , en son honneur au siège du ministère de la Poste et des Télécommunications, en présence des ministres de la Poste et des Télécommunications, et de la Jeunesse et des Sports, respectivement Brahim Boumzar et Sid-Ali Khaldi.

L'agenda

 

Ministère des Affaires étrangères

Le ministre des Affaires étrangères, M.Sabri Boukadoum, rencontrera le 29 février  mars  à 14h15, au siège du MAE, M. Ahmed Aboul Gheit, secrétaire général de la Ligue arabe.

Ministère des Moudjahidine

Le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Tayeb Zitouni, effectuera, le 2 mars prochain, une visite de travail dans la wilaya d’Oum El Bouaghi pour la commémoration du 63e anniversaire de la mort de Mohamed Larbi Ben M’hidi.

Opéra d’Alger

Sous le patronage du ministère de la Culture et dans le cadre de son programme d’activités culturelles, l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaih présente, aujourd’hui à 19h30,
A. Dvorak : Symphonie n°8, animée par l’Orchestre symphonique de l’Opéra d’Alger sous la direction musicale du maestro Amine Kouidri.

UGCAA

L’Union générale des commerçants et artisans algériens organise, le 29 février à 10 h, au siège du secrétariat national sis à
Khraïcia, les travaux de la 3a session ordinaire du conseil national de l’Union.

Salon d’arts plastiques

La 1re édition du Salon collectif d’arts plastiques, intitulé «Le signe entre le geste et le symbole», aura lieu,  le 29 février  à14h30, au centre culturel Mustapha-Kateb, sis à la place Maurice Audin.

Salon de la logistique

Le 4e Symposium international sur la trans-logistique, le transit et l’entreposage des marchandises se tiendra, le 29 février à Alger, sous le thème «La logistique à l’ère du digital».

Musée national du moudjahid
Le Musée national du moudjahid organise, le 2 mars prochain à 10h, au studio du musée, la 445e rencontre avec les moudjahidine et moudjahidate, pour l’enregistrement de leurs témoignages sur le rôle de la femme pendant la guerre de Libération.

RND
Le secrétaire général par intérim du Rassemblement national démocratique, Azzedine Mihoubi, présidera, le 29 février à 9h, à la salle des fêtes Zahra sise à la zone industrielle de Ouled Yaïch, les travaux du congrès régional des wilayas du centre.

Exposition d’Arts plastiques
L’exposition d’arts plastiques d’Amel Kamila Hamidou et Samira Merabet, organisée au centre des arts de l’Office Riadh El Feth, Alger, prendra fin aujourd’hui.

 

 

 

Football

Sports Divers

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