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Amina Mekahli, romancière et poétesse, se dit à l’écoute du monde et de sa société. Ses œuvres traduisent sa sensibilité et son attachement au genre humain.Son premier ouvrage, « Tiaret, chevaux et légendes » est un hymne à la beauté, à l’amour et à la terre.

Le beau livre, illustré par le photographe Nacer Ouadahi, traduit, en poésie, ce lien millénaire qui unit l’homme au cheval mais aussi l’Amour, le chagrin et la douleur. Au delà, il se révèle une immersion dans l’histoire de Tiaret et de sa tradition équestre.

Dans « Le secret de la girelle » et « Nomade Brulant », ses premiers romans, Mekahli a sonde la profondeur du sentiment humain pour en capter toutes les sensibilités. Ses histoires racontent des drames où l’amour prend toujours une place de choix. Son dernier ouvrage  « Les éléphants ne meurent pas d’oubli », un recueil de 7 nouvelles, n’échappe pas à la regèle. Dans ces sept perles ? Elle aborde un sujet épineux et douloureux, celui de la rupture amoureuse. Ce n’est pas un livre à l’eau de rose, ce n’est pas non plus des histoires au scénario hollywoodien. Ce sont  histoires, certes imaginées, qui puisent leur substance de fragments de vies réelles. « Une rupture après laquelle il n’y a plus de vie », explique t-elle . « Il y a des amours tellement intenses que lors qu’ils se terminent, pour une raison ou une autre, les personnes sombrent dans un monde de folie et voyagent dans un autre monde. Amputés de l’autre, ils n’arrivent plus à reconstruire une vie », confie t-elle lors d’une rencontre, samedi dernier, à la librairie « L’arbre à dire » de Sidi Yahia. Elle est venue pour la présenter son dernier livre et débattre des choses du cœur. Ses personnages sont Yacine et Dassine, Safia et M’hadji, Fella et Salah, Kahina et Kamel. Ils semblent venir d’un monde de l’oubli, enfermés dans le train de souvenirs qui plongent dans les tunnels de leurs mémoires et nous guident vers d’étranges destinées. Mekahli a choisi de travailler sur la rupture amoureuse dans une Algérie   contemporaine. Pour elle, « la conception d’une relation amoureuse est très particulière chez nous ». « Beaucoup de personnes ne vivent pas leur relation amoureuse ouvertement d’une façon épanouie », relève t elle. L’auteur fait un constat amer du rapport de la société à la vie amoureuse, un rapport régi par l’interdit et le tabou. Une société où un couple doit se cacher pour s’aimer.

 

Son œuvre traite aussi de mémoire et d’oubli. « L’oubli un remède contre la douleur contre la souffrance, mais la mémoire du cœur et plus forte que celle de l’esprit et sublime les beaux moments passés et tout ce que nous avons perdu » affirme l’auteur. Si l’œuvre de Mekahli traite de douleur, l’amour et le bonheur prennent une grande place car, explique l’auteur, « La vie est une balance d’émotion, un équilibre et si je suis à l’écoute des douleurs je suis aussi à l’écoute des douceurs et des bonheurs de la vie ».

Mekahli soutient qu’il y a beaucoup à faire dans notre société. « Nous devons transmettre les bonnes valeurs à nos enfants et ne pas répéter les erreurs du passé », dit-elle. Pour elle « l’amour ne doit pas être un tabou ».   « Il ne faut pas reproduire les mécanismes qui ont enfanté nos douleurs », assène t-elle.

Hakim Metref