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Dans le cadre du programme du mois du patrimoine, célébré du 18 avril au 18 mai dé chaque année, l’Office National de Gestion et d'exploitation des Biens Culturels (OGEBC) a organise samedi dernier une visite guidée du Palais du Dey, ou Dar Essoltane ou la Citadelle. C’est en ce lieu mythique que s’est produit l’incident qui a entre autres donné motif pour la colonisation française, à savoir le fameux Coup de l’éventail.

Edifiée en 1516, la Citadelle située à Bab el-Djedid, sur les hauteurs de la Casbah, s’étend sur une surface d’un hectare et demi (1500m²). Elle est composée de deux palais : le Palais du Dey et le Palais des Beys et plusieurs autres dépendances. La citadelle était défendue par sept batteries dont ils ne subsistent que cinq.La visite débute à partir du Jardin des Autruches, espace central entouré de plusieurs pavillons. Le premier bâtiment est la poudrière située à l’entrée du palais. Bâtiment octogonal, qui servait à la fabrication de la poudre et de l’armement. Entourée de deux grandes parois séparées par un grand vide pour parer aux éventuelles explosions. Elle fut explosée en 1629 par les Kouloughlis et reconstruite 1639, explique nôtre guide Soulaf Sahtout, Architect chargée du suivit des travaux de restauration. Autre édifice, le Palais des Beys, pavillon réservé aux Beys qui venaient présenter leurs vœux aux Dey durant les diverses occasions, ou encore verser l’impôt qu’ils percevaient durant l’année dans leur Beylicat. Face au Palais des Beys, au nord de la citadelle, se trouve le pavillon des Janissaires, appelé aussi Casemates. Lieu de résidence des soldats du Dey et également poste de gué surplombant la Médina et offrant une vue sur la mer et le port. Une des plus belles vues du monde, selon Soulaf Sahtout.Au nord-est de la citadelle se trouve la nouvelle mosquée du Dey, dernière bâtisse édifiée en 1818 à l’arrivée du Dey Hussein qu’il construit pour lui et ses femmes et les officiers supérieurs. Elle fut transformée par l’armée coloniale française en dortoir pour les soldats puis lieu de dépôt pour le géni-militaire. A l’occasion du centenaire de la colonisation elle devient musée en 1930. Attenant à la mosquée on trouve le Hammam des janissaires constitue de plusieurs pièces : chambre chaude, chambre tiède et chambre froide. La chambre chaude et aménagée avec un sol en verre transparent qui laisse voir des vestiges archéologiques. Elle accueillera prochainement une librairie et une bibliothèque.Soulaf Sahtout explique aux visiteurs que le palais du Deys sera réaménage pour abriter : Une médiathèque au niveau de la Poudrière et un hôtel VIP au palais des Beys. Pour le Casemates ou le pavillon des Janissaires il sera transformé en atelier pour ressusciter les métiers artisanaux qui existaient à la Casbah tel que la maroquinerie, le travail du cuir, la sculpture et autres métiers. Le Palais du Dey quant à lui deviendra le musée d’histoire d’Alger et la nouvelle mosquée sera consacrée aux œuvres de charités telles que des repas pour les démunis et aussi un lieu pour des rencontres religieuses.Près du Rampart nord de la citadelle, les travaux ont mis à jour une tour qui selon notre guide daterait de l’époque médiévale, bien avant la venue des ottomans, chose qui montre que le Palais du Dey a été construit sur d’autre vestiges antérieurs.

 La Restauration du Palais

 Après l’indépendance le palais du Dey a été squatté par des habitants jusqu’en 1978. En 1980 les premières études pour le début de la restauration sont confiées à un bureau d’étude polonais, PKZ, bureau ayant participé à la restauration de Varsovie. PKZ effectue toutes les études géophysiques, géologiques et géo mécaniques du site. Durant les années 1990 les seuls travaux réalisés sont des travaux d’urgences : étayement et renforcement des structures pour éviter les effondrements. C’est en 2009 que des bureaux d’études algériens ont actualisé les études de PKZ et en 2012 commencent les Travaux de restauration.Plusieurs bureaux d’études se voient confiés chacun une partie du site. Le BE Hammouche et l’entreprise Mesmoudi sont chargés du Palais du Dey, endroit le plus important de la citadelle, ainsi que de la poudrière, la nouvelle mosquée et le palais des Beys. La nouvelle mosquée et la poudrière sont à 80% des travaux explique Sahtout, et le Hammam des janissaires sera réceptionné au mois de juin prochain. Le quartier des janissaires est terminé depuis 2014. D’autres entreprises sont sollicitées pour la réalisation des travaux tels que Archimède, Hamek, Gerka (Espagne)... Soulaf Sahtout explique aussi que son employeur, L’OGEBC, est l’assistant technique pour tous les travaux de restauration et la maitrise d’ouvrage revient à la direction des équipements publics de la wilaya d’Alger (DEP). Dans quatre années, la citadelle sera terminée et deviendra un pole culturel par excellence.Les travaux dépendent souvent des découvertes archéologiques explique Sahtout : « Lorsque nous faisons une découverte, les travaux de restauration s’arrêtent le temps que les archéologues viennent documenter les découvertes ». C’est le centre national de recherches archéologiques qui prend en charges ces études et c’est l’étude archéologique qui détermine la suite des travaux de restauration » ajoute-t-elle.

Hakim Metref