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Le chanteur de Châabi Karim Melzi a animé samedi dernier un concert au palais de la Culture Moufdi Zakaria à Alger. Malgré sa satisfaction sur le déroulement de l’événement, l’artiste déplore la difficulté qu’a eue le public à rejoindre le Palais, à cause du problème de circulation routière qui a dissuadé la majorité des gens à venir. L’artiste reste néanmoins optimiste quant à l’engouement populaire pour cet art qui arrive toujours à garder un public fidèle. Sur ce plan il déclare que les artistes de Châabi sont plus appréciés durant les fêtes familiales qui les rapprochent d’un public connaisseur. Le chanteur déclare avoir un agenda chargé pour le reste de l’été.

« C’est durant les fêtes familiales et les concerts qu’un chanteur Châabi exprime mieux son art ». Mais en dehors des fêtes familiales, Melzi dénonce un « certain manque de professionnalisme au sein institutions culturelles ». La programmation, selon lui, est à déplorer. « Certains organisateurs n’ont pas de respect pour les artistes et leur comportement dénote un manque de professionnalisme » dit-il. Et d’ajouter : « C’est toujours quelques privilégiés qui ont droit à une programmation régulière, le reste n’arrive pas à avoir leur place dans les programmes de ces institutions ».

Interrogé sur l’avenir du Châabi, Karim Melzi assure que « la jeune génération, depuis le regretté Kamel Messaoudi, a redonné un nouveau souffle à cet art et beaucoup de jeunes demandent à être formé », « Je suis enseignant aux beaux arts et un grand nombre d’élèves viennent apprendre la musique andalouse qui est la base du Châabi » affirme le chanteur. Kamel Melzi relève aussi l’intérêt des femmes à cet art. « Le Châabi a longtemps été un art réservé aux hommes, mais depuis quelques temps beaucoup de jeunes artistes femmes excellent dans ce domaine et donnent une nouvelle touche et de la fraicheur au chaabi ». Il ajoute « La nouvelle génération a innové et dépoussiéré un nouveau répertoire que l’ancienne génération n’avait pas traité et c’est à l’avantage de cet art ancestral ».

Melzi est de ceux qui sont convaincus que le Châabi est un art de partage : « Il faut être plusieurs pour donner un bon produit au public » dit-il. Il ajoute «Un belle chanson chaabi est un beau texte, une belle mélodie et une belle interprétation. Il est rare de trouver tout ces talents chez un seul artiste, c’est pour cela qu’il faut conjuguer le travail d’un parolier, d’un compositeur et d’un interprète pour sortir avec un produit excellent digne du public ».

Le jeune cheikh soucieux de l’avenir de ce patrimoine musical conseille aux jeune artistes de se former « La formation est la base de la réussite, il faut maitriser les bases pour pouvoir avancer et atteindre de bons résultats ». Melzi déclare aussi que comme dans tout les domaine il faut avoir l’amour de ce qu’ont fait et ne pas courir derrière la célébrité, il faut avant tout faire son métier par amour le reste vient tout seul ».

Après deux album, Karim Melzi pense à un troisième mais il déclare « Je viens juste de l’entamer, il est encore à l’état embryonnaire et je ne peux rien dire encore à sont sujet ».

    

Hakim Metref