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Deux belles icones de la musique andalouse, Beihdja Rahal et Lila Borsali, ont brillé de mille feux, dans un duo époustouflant, samedi soir, à l’Opéra d’Alger. Un récital de très haute facture auquel un public très nombreux est venu apprécier dans une salle archicomble.

Tant sur la forme et que sur le fond, les deux « Andalouses » se sont distingué par une interprétation d’une rigueur belle et authentique, marquant leur entrée par une Nouba, comme le veut la tradition de ce prestigieux patrimoine lyrique. Visiblement, les deux artistes n’ont pas lésiné sur les efforts et les travaux de recherches pour offrir à l’auditoire une soirée digne de leur statut. Chacune à son tour, puis toute les deux, ont gratifié l'assistance d'un florilège de chansons du terroir. Tout d'abord, Beihdja Rahal, qui a entamé la "Nouba" avec "Ahaba galbi dabyoun torki". Sa voix envoutante, son jeu de l’instrument font d’elle l’une des rares interprètes de la musique andalouse à revendiquer un style propre. Elle propose à son monde un véritable bouquet poétique et musical comme le stipule l'enseignement et les arts de l'école Sanâa d'Alger.                                                           Pour sa part, Lila Borsali a interprété un chapelets de compositions se revendiquant de la Nouba, tel "hada zaman" rehaussé par le jeu du Qanun et le violon.         Une magnifique romance s'est faite ressentir. Évidemment, rien de tel qu'une cantatrice qui répand par sa voix douce tout un récit d'amour, de joie et de vénération à Dieu. Elle a ainsi déroulée la Nouba sous différents rythmes à travers "ma assâaba El firak" où elle dévoile l'amertume de l'éloignement. Puis elle passe à " El galb yahwa men yourid" avant que Beihdja Rahal ne lui réponde sur un ton étonné et un fond de musique plus rythmé "Ya Toura".                                             Fidèle à son style, Lila Borsali a fait de lyrisme son cachet particulier à travers lequel elle s'identifie systématiquement en compagnie de nobles instruments à cordes dont la phameuse Kouitra qui rivalise au luth.                                                                   En duo, "Seli houmoumek" a été un moment musical des plus exceptionnels unissant Alger à Tlemcen qui renferment un patrimoine riche d'où cette magnifique représentation de la Nouba classique et la Nouba contemporaine sous la direction du maestro El Hadi Boukoura.                               Dans un autre registre, loin de la Nouba aux tons longs mais savoureux, les deux artistes ont offert au public un "Hawzi" avec des morceaux plus légers. "Ya lilet El Bareh" avant de bouleverser l'assistance sur un seul ton et en une seule voix "Ya Belaredj ya twil El gayma", "Ness El Andalous yefahmou El Ichara", "Ahlan wa Sahlan".                                                       Deux grandes voix, deux grandes artistes, deux divas, qui ont fait preuve de leur savoir faire, à l'image de leurs écoles respectives. Leur point fort, la préservation, le travaille et la transmission de cette musique qui représente l'Algérie partout.     Toutes les deux, ont dégagé une ambiance émotionnelle fort applaudit par un public de connaisseurs.

                           Rym Harhoura