Nazim Sabi, musicien : «L’Andalou établit un pont entre le présent et le passé de notre culture»
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Jeudi 09 Juillet 2020
Journal Electronique

Entretien réalise par Nabiha C.

Moins célèbres que leurs confrères au chant, les musiciens sont pourtant la cheville ouvrière de l’orchestre. Notamment en musique andalouse dont est issu, le brillant luthiste, Nazim Sabi qui revient dans cet entretien sur son parcours artistique. Décryptage

Comment est née votre passion pour la musique andalouse ?
L’amour de la musique est la boussole de l’être. C’est l’interaction de ce que l’on subit et ce que l’on ressent. Le répertoire andalou exprime la joie de l’abondance et la mélancolie de l’origine à travers son histoire, sa transmission et ses influences. Selon moi, ce patrimoine poético-lyrique établit un véritable pont entre le présent et le passé historique de notre culture, par le biais d’une mélodie à la douceur envoûtante et de la subtilité des rythmes. C’est une musique raffinée et savante dont l’oralité, la forme poétique et la profondeur du texte me séduisent. De plus, j’y ai été sensibilisé depuis mon plus jeune âge, à travers les doux fredonnements de ma mère, qui, quelques années plus tard, m’inscrit au conservatoire pour m’initier à cet art, qu’elle même rêvait pratiquer. Par ailleurs, la pratique de la musique sur scène m’a enseigné l’ouverture d’esprit et le surpassement de ma timidité grâce à l’interaction et la complicité avec les membres du groupe ainsi que le public.

Vous êtes principalement joueur de Oud, mais vous touchez un peu au reste des instruments voisins, vous chantez aussi ?
L’avantage de cette musique réside dans sa pratique en groupe avec la manipulation de différents instruments, tels que la mandoline, le violon, le piano, la kouitra etc. Avant ou pendant les répétitions, on prenait plaisir à échanger nos instruments entre élèves, ce qui m’a permis de pratiquer et m’essayer à d’autres. Je possède d’ailleurs plusieurs instruments chez moi. Je participe à la chorale, mais je ne suis pas soliste. Je préfère me dévouer à mon instrument.
Avez-vous déjà entrepris des études de musique andalouse ou fait partie d’une association ?
J’ai débuté mon apprentissage à l’âge de 7 ans au Conservatoire d’El Biar, à Alger, tout d’abord avec la mandoline en classe d’initiation avec cheikh Anis M’hamsadji, qui, je me souviens, était très pédagogue. En 3e année, j’ai rejoint la classe de cheikh Arezki Harbit, qui m’a permis d’intégrer l’Association emblématique d’El Fakhardjia. Il en était, à cette époque, le chef d’orchestre depuis une vingtaine d’années. J’ai ensuite mis de côté la pratique de la musique durant près de 7 ans. Étant encore enfant lors de mes débuts au conservatoire, je ne mesurais pas tout à fait la véritable valeur que représenterait un jour cette musique pour moi. En 2012, j’ai décidé de reprendre l’Andalou sous la tutelle de cheikh Seddik Mekhiouba, avec qui je me suis lié d’amitié. Cette fois, je me suis impliqué à la pratique avec un grand dévouement. Il n’hésitait pas à incorporer des leçons d’histoire témoignant de l’importance et de la richesse de cette musique, ce qui a provoqué un désir croissant de m’investir. C’est ainsi qu’en 2016, j’ai obtenu mon diplôme de premier prix attribué par le Conservatoire central d’Alger, au terme d’un concours.

Qui sont les troupes avec lesquelles vous collaborez en général ?
J’ai participé à la création d’un groupe de musique nommé «Les Merles d’Alger» avec des amis du conservatoire. Ensemble, nous animons des fêtes de mariages ainsi que d’autres événements. Je me fais un réel plaisir d’y participer lors de mes retours à Alger. J’accompagne également des chanteurs sur scène lors de divers événements en France.

Avez-vous déjà participé à des festivals ou concours?
Comme expliqué ci-dessus, j’ai reçu le premier prix de musique andalouse attribué par le conservatoire central d’Alger. J’ai également participé à des festivals en Algérie, mais aussi en France, notamment à Montpellier. Cet événement, organisé par mon ami Rabie Houti, devait présenter sa 4e édition cette année. Malheureusement, celle-ci fut annulée à cause de l’actuelle pandémie. Mon passage à l’Opéra Comédie de Montpellier restera l’un de mes souvenirs les plus marquants.
Actuellement vous êtes installés en France. Y-a-t-il réellement un public de musique andalouse ?
Cette musique n’a cessé et ne cessera d’exister. Elle continue de dépasser les frontières, tout comme elle l’avait fait initialement. L’Andalou attise la curiosité et séduit de nombreux amateurs de musique, les initiés et autres curieux, tout particulièrement en France. Il y a de nombreuses associations qui voient le jour. Parmi elles, celle dont je fais partie; l’Association Culture Musique, basée à Paris et dirigée par le talentueux Amine Khettat. Les concerts se font essentiellement au Centre culturel algérien, où se produisent des associations locales, mais aussi de célèbres artistes algériens.

Quelles sont les autres répertoires que vous appréciez particulièrement ?
Je suis un grand fan du Chaâbi algérois qui est étroitement lié à l’Andalou, mais je reste tout de même réceptif à toute belle musique et voix exquise. La musique actuelle attise aussi ma curiosité et mon intérêt.

Vos idoles ?
De nombreux grands maîtres ont marqué cette musique et ont laissé une empreinte indélébile. Parmi ceux que j’écoute admirativement, je peux citer les grands maîtres Dahmane Ben Achour, Sadek El Bejaoui, Mahhieddine Bachtarzi et Zerrouk Mokdad. Ce dernier est toujours en vie et représente actuellement le «Cheikh el Blad», comme on dit ! Je cite aussi le regretté Cheikh Tahar El Ferguani, qui a marqué le Malouf constantinois.

Quels sont les projets artistiques de Nazim ?
La musique reste avant tout une passion pour moi. Je souhaite participer au partage de ce lourd et riche patrimoine culturel au-delà de nos frontières.
N. c.

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